Tracadie: le maire tend la main aux anciens DSL

Le maire de Tracadie, Denis Losier, tend la main aux résidents des DSL qui se sentent à l’écart depuis le regroupement de 2013.

En début de semaine, l’ex-conseillère municipale, Norma McGraw, a lancé une pétition afin de demander la tenue d’un plébiscite afin que la population puisse s’exprimer sur l’avenir de la Municipalité régionale de Tracadie, qui regroupe l’ancienne ville de Tracadie-Sheila et 18 anciens DSL environnants.

Mme McGraw estime que le groupe de travail, Ensemble vers l’avenir, a fait miroiter des avantages aux résidents des DSL qui tardent à se concrétiser.

Jeudi après-midi, le maire Losier a tenu une conférence de presse d’environ deux heures pour présenter un plan d’action afin d’offrir une part juste aux DSL.

Pendant ce temps, il a aussi lancé plusieurs flèches à certains membres du conseil municipal. Il les a notamment accusés de bloquer des initiatives visant à soutenir des projets dans les quartiers ruraux qui pourraient être financés avec le Fonds de la taxe sur l’essence, une subvention fédérale.

La Municipalité régionale de Tracadie a actuellement près de 3 millions $ en réserves. L’argent ne peut cependant pas être utilisé n’importe comment. Les projets doivent être approuvés par le gouvernement fédéral et répondre à des critères très précis.

Néanmoins, la possibilité de toucher à des revenus supplémentaires provenant de ce Fonds avait été utilisée comme un argument de vente dans les DSL par les promoteurs du regroupement de 2014.

Dans son plan d’action, le maire s’engage à augmenter les investissements provenant du Fonds de la taxe sur l’essence dans les quartiers ruraux et à élaborer un plan de développement économique et communautaire dans ces mêmes secteurs.

«Il y a quelques semaines, des conseillers se demandaient pour quelles raisons l’argent n’a pas été déplacé vers les quartiers. Pendant cette réunion, d’autres conseillers ont bloqué la résolution. Comme maire, je n’ai pas le pouvoir de distribuer l’argent, c’est le conseil qui prend les décisions. Ce que je demande au conseil, c’est de respecter l’entente d’Ensemble vers l’avenir et qu’on leur donne l’argent qui avait été promis.»

Le maire promet aussi de s’assurer que les services municipaux soient offerts dans les quartiers, car plusieurs affirment se sentir délaissés par rapport à ce qui est offert dans l’ancienne ville de Tracadie-Sheila.

«Les choses importantes pour les quartiers, c’est toujours mis de côté. De quoi a-t-on parlé dernièrement? Les spectacles, Embou, le chapiteau, l’Académie Sainte-Famille, la Société culturelle des Tracadilles. Pourquoi est-ce que ce sont toujours les dossiers de certains membres du conseil qui sont importants, mais jamais les priorités des autres membres du conseil?»

Le maire Losier propose aussi qu’une analyse soit effectuée par un consultant neutre au sein du service d’incendie, qui a été au centre de plusieurs polémiques au fil des années.

Finalement, M. Losier compte rencontrer les citoyens de chaque quartier dans les centres communautaires locaux pour répondre à leurs questions et préoccupations. Il veut aussi rencontrer les organismes à but non lucratif qui cherchent des dons afin de trouver des pistes de solution.

Lors de sa conférence de presse, le maire Losier a reconnu que la municipalité n’exploite pas son plein potentiel.

«Je garantis que le jour où toute la population travaillera ensemble, on pourra aller chercher auprès du gouvernement ce qu’on veut. Nous avons une population de 16 000 et nous sommes la plus grande municipalité de la Péninsule acadienne. Pour quelle raison ne peut-on pas tirer notre épingle du jeu? C’est parce qu’on tire chacun la couverte de notre bord.»

Divorce peu probable

Par un concours de circonstances, le maire Denis Losier s’est rendu à Fredericton au début de la semaine pour rencontrer des représentants du gouvernement Higgs. On lui aurait dit qu’il y a peu de chances qu’ils accepteraient de tenir un plébiscite concernant l’avenir de la municipalité.

Bien que sa démarche soit sérieuse, Norma McGraw, auteure principale de la pétition, reconnaît que son objectif est aussi de mettre de la pression sur le conseil actuel pour qu’il porte plus d’attention aux besoins des résidents des quartiers ruraux.

«Je me dis que rien n’est impossible. Si la population se prononce, c’est parce qu’elle en a ras-le-bol. Puis en ce moment, je pense qu’on va continuer avec la pétition, parce que je crois que le conseil doit démontrer sa bonne volonté. Il doit accepter que les anciens DSL ont des besoins aussi.»

«Nous sommes mal représentés»

Jean-Rhéal Brideau, ancien président du DSL de Haut-Rivière-du-Portage, admet qu’il a été un grand partisan du regroupement au départ. Aujourd’hui, c’est plutôt sa déception qu’il a du mal à cacher.

«J’ai travaillé pour le regroupement. Je suis pour et c’est une bonne affaire. Ce qui se passe n’est pas nécessairement la faute du regroupement, mais de ceux qui nous gèrent. Dans les quartiers, on n’avait pas de pouvoir en tant que DSL, mais on n’en a pas plus astheure. On n’a rien eu. Depuis le regroupement, nous sommes mal représentés.»

Linus Robichaud, de Val-Comeau, était également en faveur du regroupement. Il a été impliqué au sein du comité d’Ensemble vers l’avenir. Il n’a pas l’impression que ses intérêts sont défendus à la table du conseil.

«Il y a six conseillers des anciens DSL qui auraient dû mettre leurs culottes et nous défendre. Ils devraient se lever et dire que c’est à leur tour de dire quelle est leur vision.»