L’Acadie Nouvelle est partie à la découverte des salles multisensorielles dont ce sont dotées plusieurs écoles pour accompagner leurs élèves à besoins spéciaux. Dans ces petits cocons douillets, refuges hors du temps, les petits trouvent un environnement à la fois apaisant et stimulant.

Lorsqu’on pénètre dans le «Jardin de l’éveil», à l’école Camille-Vautour de Saint-Antoine, on oublie très vite que l’on se trouve au coeur d’un établissement scolaire.

L’endroit est rempli d’équipements voués à l’éveil des sens: un diffuseur d’odeurs, de la musique, des coussins vibrants, des colonnes à bulles, une piscine à balles lumineuse, des projections murales, du matériel avec différentes textures à manipuler, des panneaux muraux tactiles, des accessoires luminescents, une balançoire, des néons colorés…

Tous les sens sont mis à contribution que soit par la stimulation visuelle, auditive, tactile, olfactive, ou par des équipements qui font appel à la sensibilité proprioceptive qui affecte le contrôle et la régulation de la posture et des mouvements du corps, et au système vestibulaire, relatif à la sensation de mouvement et à l’équilibre.

Le concept des salles sensorielles, ou salles «snoezelen», a été développé aux Pays-Bas dans les années 1970 pour permettre aux élèves de mieux performer en classe. Elles s’adressent en particulier aux enfants affectés par un retard de développement, un trouble de déficit de l’attention, un trouble du spectre de l’autisme, des troubles d’anxiété ou des troubles de la vision.

Martine Eagle-Poirier, enseignante d’appui à l’apprentissage à l’école Camille-Vautour, utilise la salle pour stimuler l’éveil de ses protégés, ou les aider à réguler leurs émotions, développer leur motricité, leur attention et se socialiser.

«On leur propose des activités selon la thérapie qu’a choisie le physiothérapeute ou l’ergothérapeute», explique-t-elle.
Lorsqu’un élève commencera à être trop agité ou à éprouver des difficultés de concentration, l’enseignante peut l’amener dans cet espace pour un petit temps de détente. Une trentaine de minutes dans cette salle, un peu de magie sensorielle et l’élève sera plus disponible à l’apprentissage lorsqu’il reviendra en classe.

«Ça aide à éveiller certains enfants ou à calmer ceux qui ont besoin d’un moment de décompression, note Martine Eagle-Poirier. Venir ici, ça les distrait, ça devient plus facile de travailler avec eux.»

Le «Jardin de l’éveil» est mis à la disposition de la plupart des élèves à besoins spéciaux du comté de Kent. Cependant, une telle installation peut s’avérer très dispendieuse. Le projet, financé en 2008 par le gouvernement provincial, a coûté pas moins de 100 000$.

Une nouvelle salle sensorielle à l’école Champlain

Mais il est aussi possible créer une salle sensorielle avec un budget bien plus modeste. En décembre, l’enseignement Michaël Thibault s’est lancé dans une collecte de fonds pour développer un espace «snoezelen» dans la nouvelle école Champlain de Moncton.

Avec seulement quelques centaines de dollars, il a fait l’achat de lumières, de miroirs, d’une tente, d’un hamac et d’une piscine à balles.

«C’est un début, on veut continuer d’ajouter du matériel un petit pas à la fois», précise-t-il.

Sa collègue, Mélanie Doiron, y accompagne des élèves entre une fois par semaine et trois fois par jour.

«Ça dépend de leurs besoins», mentionne-t-elle.

«Un élève qui a besoin d’être plus stimulé au niveau du toucher peut aller dans la piscine ou s’amuser avec certaines textures. Un élève qui est dérangé par les lumières de la salle de classe ou sensible aux bruits peut venir ici pour relaxer dans l’obscurité, s’installer dans le hamac et fermer ses yeux cinq minutes pour être prêts à reprendre ses apprentissages.»

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