Jeux de la Francophonie: le fédéral entrouvre la porte à une bonification

La ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Nadine Girault, a entrouvert la porte à une bonification de la somme qui pourrait être allouée pour la tenue des Jeux de la Francophonie à Sherbrooke, en 2021.

À l’issue d’une allocution devant plus de 500 convives réunis par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), vendredi, Mme Girault a toutefois fait preuve d’une grande prudence en remettant directement la balle dans le camp d’Ottawa.

Lorsqu’interrogée à ce sujet, la ministre a d’abord déclaré que le dossier faisait toujours l’objet de discussions avec le gouvernement Trudeau, avec qui elle doit s’entretenir la semaine prochaine à ce sujet.

Puis, pressée quant à la possibilité de verser davantage que la limite de 17 millions $ qu’elle avait fixée la semaine dernière, Mme Girault a répondu: « on verra avec les discussions ».

Elle s’est empressée d’ajouter l’habituelle réserve de ne pas aller au-delà de « la capacité de payer des gens » et de s’en tenir

à « une saine gestion des finances publiques », mais a ajouté qu’elle attendait de « voir ce qu’Ottawa est prêt à mettre sur la table aussi ».

Sherbrooke, qui avait été finaliste en 2016 pour recevoir ces Jeux, est devenue candidate par défaut après le désistement de Moncton au Nouveau-Brunswick en raison, justement, du gonflement des coûts.

Initialement, la facture devait s’élever à 54 millions $, mais le coût atteint maintenant 84 millions $.

Or, la Ville de Sherbrooke, qui avait prévu allouer 8,5 millions $ dans son dossier initial de candidature, n’entend plus consacrer que 5,5 millions $, ce qui, avec l’engagement de 17 millions $ de Québec, laisserait une facture salée de plus de 61 millions $ au fédéral.

La semaine dernière à Ottawa, tant la ministre responsable de la Francophonie, Mélanie Joly, que sa collègue au Développement international, Marie-Claude Bibeau, ont balayé du revers de la main ce montage financier, demandant à Québec de faire preuve de plus de sérieux dans sa démarche.

Ottawa s’est déjà engagé à combler la moitié du budget requis, mais pas les trois quarts comme ce serait le cas avec les sommes avancées par Sherbrooke et Québec.

Le temps presse, toutefois: le Conseil d’orientation du Comité international de la Francophonie (CIJF) a recommandé la semaine dernière de relancer l’appel de candidatures des Jeux de 2021 et déjà, la ville française de Nantes a manifesté de l’intérêt.