Quand le mercure chute, les pompiers doivent affronter la glace en plus du feu

Quand le mercure chute, les pompiers font face à d’importants défis. Que ce soit les surfaces glacées ou les boyaux gelés, en hiver, ils doivent être au sommet de leur forme afin de combattre les incendies.

Si la neige peut prévenir les feux de forêt et la propagation des flammes, elle ne prévient pas les incendies aux conséquences tragiques. Les cas récents des usines de Cape Bald Packers à Richibouctou-Village et Cap-Pelé en sont la preuve.

Dans des conditions de froid extrême, le travail des pompiers se complique. Comme l’explique Victor Richard, du service d’incendie de Richibouctou-Village, dès que les pompiers ont commencé à arroser les flammes à l’usine locale au début février, le terrain s’est transformé en patinoire.
«Lorsqu’on arrose, ça fait une glace. Tout gèle. On est tous en bottes de caoutchouc. C’est plus difficile de tenir debout et ça demande plus de personnel pour tenir les boyaux.»

Au moment de l’incendie, la température a descendu à -7°C.

Selon M. Richard, les pompiers ont donc dû se dépêcher et travailler rapidement afin d’empêcher que leur équipement gèle.

C’est pourquoi on a demandé aux brigades de la région de nous prêter main-forte. Il y en avait quatre lors du feu à l’usine, soit celles de Richibucto, de Rexton, de Richibouctou-Village et de Bouctouche. Là, on avait plus d’eau pour essayer de combattre l’incendie au début.»

Privés d’un additif

M. Richard ajoute qu’en hiver, ses collègues et lui sont privés d’un additif – surnommé le «foam» – qu’ils ajoutent habituellement à l’eau quand la température est plus clémente. Ce produit gèle plus facilement que l’eau, explique-t-il.

«Un camion d’eau peut contenir 1000 gallons. Quand on ajoute du foam, c’est comme si on avait 10 camions. Mais en hiver, ça ne marche pas. Le foam gèle dans le tuyau parce qu’il fait trop froid.»

Les défis des brigades de pompiers bénévoles sont à peu près les mêmes que ceux des forces professionnelles, assure Charles LeBlanc, chef de division du service d’incendie de Moncton.

Il mentionne cependant que depuis quelques mois, l’accès à l’eau est limitée parce que les bornes-fontaines sont recouvertes de neige glacée.

«Les derniers mois, on a eu beaucoup de glace, ce qui cause des défis pour nous brancher aux bornes-fontaines. Ce n’est pas seulement de la neige, c’est vraiment de la glace et ça rend difficile le simple fait d’avoir accès à de l’eau.»

M. LeBlanc ajoute que les pompiers des plus grandes brigades ne disposent pas d’équipement spécial que les petites forces bénévoles n’ont pas et qui leur permettraient de mieux travailler en hiver.

«Il n’y a pas d’autres mesures qu’on peut prendre. Les pompiers doivent s’assurer d’être vraiment concentrés», résume-t-il.