Le Parti vert veut faciliter l’accès aux énergies renouvelables

Le chef du Parti vert, David Coon, cherche à éliminer les barrières empêchant les communautés de profiter des différentes sources d’énergies renouvelables pour générer de la richesse.

En dépit des mauvaises conditions routières, le chef des verts a pris la route mardi et mercredi afin de poursuivre sa tournée provinciale «L’avenir commence maintenant», une tournée mettant l’accent sur les énergies renouvelables.

Au cours de cette tournée, M. Coon rencontrera différents élus des quatre coins de la province, et ce, afin de s’entretenir avec eux sur ce sujet. Il profitera également de l’occasion pour visiter différents projets énergétiques renouvelables.

D’Edmundston où il a rencontré le maire de l’endroit, Cyrille Simard, il s’est ainsi rendu à Campbellton afin de faire de même avec la mairesse, Stéphanie Anglehart-Paulin. L’objectif de ces rencontres? Prendre le pouls des élus sur la question énergétique et, plus précisément, en apprendre davantage sur leurs aspirations en matière d’énergies renouvelables.

«Plusieurs municipalités veulent développer de tels projets afin d’engendrer de nouvelles sources de revenus, couper sur leurs dépenses et appuyer le développement économique local. Ce qui m’intéresse, ce sont les barrières auxquelles elles font face, car ce que j’entends jusqu’à présent, c’est qu’il y en a plusieurs, notamment que c’est très compliqué de s’entendre avec Énergie NB pour l’achat d’électricité et sa distribution sur le réseau», indique M. Coon.

À la suite de ces rencontres, il espère proposer en chambre des amendements à la Loi sur l’électricité au Nouveau-Brunswick, amendements qui auraient pour effet de faciliter la création de projets liés aux énergies renouvelables.

«La loi actuelle n’a pas été rédigée de sorte à faciliter les plus petits projets communautaires. Elle a plutôt été faite de sorte à favoriser la construction de grosses centrales et décourager les autres projets plus écologiques. Mais avec les changements climatiques, on doit changer notre approche», croit-il.

En dépoussiérant la loi, il espère ainsi enlever les obstacles qui freinent les projets municipaux ou communautaires en matière d’énergie renouvelable, comme l’éolien, le solaire, l’hydroélectricité ou la biomasse.

«Le potentiel est énorme et plusieurs municipalités ont vraiment besoin de ces revenus», poursuit-il.

Ce dernier cite en exemple le cas de Campbellton où, l’année dernière, il ne s’est construit qu’une seule nouvelle maison. «Ce n’est pas ce qui va remplir les coffres de la ville. Elle doit donc faire preuve de créativité», ajoute le chef des verts.

Selon M. Coon, ces «barrières» n’affectent pas seulement les municipalités. La situation serait la même pour les producteurs laitiers, les hôpitaux, les écoles, etc.

Après Campbellton et Rexton mercredi, la tournée de M. Coon se poursuivra jeudi à Riverview, à Cap-Pelé et à Sackville.

Des toits scolaires… solaires

Mercredi matin, un puissant vent glacial souffle sur l’ensemble du Restigouche. Cela n’arrête toutefois pas le chef du Parti vert de monter sur le toit de la Polyvalente Roland-Pépin de Campbellton, et ce, afin de jeter un coup d’œil au dernier projet de la compagnie NexGen Energy. Il s’agit de deux immenses panneaux solaires installés sur la toiture de l’établissement.

D’une capacité de 9 kWh chacun (donc un total de 19 kWh), ces panneaux solaires seront directement branchés à l’école. Ils fourniront l’équivalent des besoins énergétiques nécessaires à deux résidences conventionnelles. C’est un pas dans la bonne direction, mais ça demeure toutefois très loin de la consommation énergivore de l’école.

«Selon nos calculs, les panneaux devraient produire environ 3% de l’électricité consommée par l’établissement», explique Carlos Lunchi, directeur des projets pour la compagnie NexGen Energy.

Le projet de la PRP est commandité par le ministère des Transports et Infrastructures en collaboration avec Énergie NB. Il fait partie d’un contrat comprenant cinq autres établissements, soit le CCNB-Bathurst, l’école Les Bâtisseurs de Fredericton, le NBCC-Moncton, ainsi que les écoles secondaires d’Hampton et Fundy.

Quatre de ces projets ont été complétés jusqu’à présent et devraient entrer en service le mois prochain, tout comme celui de la PRP.

Selon M. Lunchi, l’intention n’est pas tant, à ce stade-ci, de rendre ces établissements autosuffisants au niveau énergétiques que de tester différentes technologies afin de déterminer laquelle convient le mieux.

«C’est aussi une façon de voir si ce pourrait être intéressant d’investir à plus grande échelle dans ce type de technologies afin d’appuyer les besoins énergétiques des édifices publics comme les écoles», souligne M. Lunchi, notant que les établissements ciblés seront monitorés jusqu’en mars 2020.

Estimé entre 60 000$ et 70 000$, le projet spécifique de la PRP est complété à environ 75%. Le retour sur l’investissement pourrait se faire aussi rapidement qu’en huit ans avec des conditions maximales. Il pourrait, à l’inverse, prendre entre 15 et 20 ans.

Fait intéressant, une fois les panneaux fonctionnels et connectés au système électrique de l’école, les élèves pourront se rendre sur le web et consulter en temps réels la production d’énergie.