Au CCNB, les futures menuisières bravent la tempête et les tabous

Bravant la tempête et faisant fi des tabous, une dizaine de femmes ont entrepris cette semaine une formation de 15 heures en menuiserie, un métier et une forme d’art des plus typiquement masculin encore en 2019.

Cette formation d’une durée de cinq semaines est offerte depuis quelque temps au campus d’Edmundston du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick.

Exclusivement réservée aux femmes, la formation permet à celles qui ont décidé de retourner sur les bancs d’école, les mardis soir, d’apprendre à manier les outils de base et à créer des objets personnels finis en bois.

«Ce n’est pas du sexisme ou une question d’écarter les hommes. Ce sont des femmes qui ont simplement demandé d’être en groupe afin d’apprendre la menuiserie tout en socialisant entre elles», a expliqué Louise Martin, la chef de développement du CCNB à Edmundston.

«Je suis une femme autonome et je veux rester autonome!», a raconté à la blague Francine, qui était assise en classe bien avant que ne commence la formation qu’elle espérait acquérir depuis déjà cinq ans.

D’autres ont raconté s’être inscrites afin d’acquérir une bonne base en menuiserie permettant de concevoir soi-même des objets qui sont utiles à la maison ou encore de dissiper toutes craintes relatives à l’utilisation des outils nécessaires à la fabrication qui peuvent parfois faire peur.

Les secrets de la menuiserie

Le formateur et charpentier de métier Guillaume Bernard ne semblait nullement intimidé devant le fait de se retrouver seul devant un groupe de femmes venues envahir sa petite salle de classe afin de découvrir les secrets de la menuiserie.

«On va voir avec elles comment se servir des outils de base, comme les toupies et les scies circulaires, ce qu’il faut faire et surtout ne pas faire», a indiqué l’enseignant du CCNB.

«Je veux que les personnes soient à l’aise après la formation, on va de toute façon s’adapter aux besoins des participantes et à leur propre rythme», a-t-il ajouté avant d’entreprendre ses premières leçons théoriques sous l’œil attentif de ses nouvelles étudiantes.

Ces notions théoriques auront été plutôt brèves, à peine 120 minutes avant que le groupe de femmes ne se transporte en atelier afin d’entreprendre le projet de fabrication d’un objet pratique et décoratif qui sera suggéré.

À la toute fin du programme, en avril, les participantes pourront bénéficier de l’expertise d’Annie Côté de l’Atelier d’à Côté qui se joindra au groupe afin d’aider à la finition des objets fabriqués par ces dernières.

«Le secret dans tout ça c’est la patience… La dextérité manuelle peut aider en menuiserie c’est certain, mais c’est aussi quelque chose qui peut se développer», de conclure Guillaume Bernard avant de s’adresser à ses menuisières en herbe.