Un congé-surprise qui s’étire, gracieuseté de la tempête et du blizzard

La question revient chaque année au bureau d’Annie LeBlanc-Levesque. C’est si prévisible que la directrice des relations stratégiques au District scolaire francophone Nord-Est n’a même plus besoin de notes pour répondre aux journalistes intrigués par les conséquences des jours d’école manqués.

Depuis le début de la semaine, les élèves des écoles de la Péninsule acadienne profitent d’un congé-surprise, gracieuseté de la tempête de lundi et des deux jours de blizzard intense qui ont suivi. Jeudi, ils ont pu rester à la maison en raison des conditions routières dangereuses et rien ne dit qu’ils n’auront pas droit à une journée additionnelle de pause, vendredi.

En cette année scolaire 2018-2019, les élèves de la Péninsule acadienne ont eu droit à 15 journées de congé de tempête, dont sept en février. C’est déjà quatre de plus que l’an dernier, mais on est encore à cinq du record de 2016-2017, marqué par la crise du verglas (huit journées à elle seule). En 2015-2016, le DSF-NE n’avait eu besoin que de quatre congés du genre.

Dans la région Chaleur, on en est à 11 cette année (cinq en février), contre 10 en 2017-2018 et 13 en 2016-2017. L’année précédente, il n’y en avait eu que cinq. Dans le Restigouche, le congé de mercredi était le 12e de l’année (5e en février) comparativement à huit en 2017-2018, neuf en 2016-2017 et cinq en 2015-2016.

«Nos décisions de fermer les écoles sont prises en rapport à la sécurité des élèves et du personnel. Dès 5h, nous avons un large réseau en fonction. Nous consultons les sites météo, nous téléphonons à des personnes-ressources dans diverses communautés, nous obtenons l’avis du ministère des Transports. Chaque cas est unique. Ça va selon les régions et les communautés. Des jours d’école manqués en raison de tempêtes, ça existe depuis toujours», indique avec justesse Mme LeBlanc-Levesque.

Des champions dans ce domaine
La gestion de l’enseignement des compétences essentielles dans une année scolaire tient compte des journées de congé de tempête, précise-t-elle. Les enseignants planifient la stratégie d’apprentissage en fonction de ces pauses forcées, ajoute-t-elle.

«C’est une préparation à long terme. Nos enseignants sont des champions dans ce domaine. Ils s’assurent que les compétences essentielles soient enseignées. Si quelque chose doit être appris, elle le sera. Ils vont s’ajuster selon la situation», proclame la porte-parole du DSF-NE.

S’ajuster veut dire annuler au besoin certaines activités de renforcement de la matière acquise, par exemple, selon où les élèves sont rendus dans leur apprentissage. Si l’enseignant prévoit un certain nombre de cours sur une matière, il a le jeu de pouvoir faire sauter certains exercices en surplus qui étaient planifiés.

«Les enseignants s’ajustent et ils prévoient du lousse. C’est prévu dans leur préparation», appuie-t-elle.

Si la situation de cette semaine est particulière, on est encore loin de la crise d’il y a deux ans. Le verglas – et les huit jours de congé – avait obligé le DSF-NE à un réajustement de certains congés, dont celui du mercredi après-midi aux deux semaines déjà au calendrier. Quelques sorties parascolaires avaient également été annulées.

«On n’en est pas encore là cette année», prévient Mme LeBlanc-Levesque.