Une bonne bordée

Comme tempête, c’en était une bonne, confirme Michel Doiron, météorologue chez Environnement Canada. Le répit pourrait cependant être de courte durée, car une autre dépression devrait frapper lundi nos secteurs.

D’abord, parlons de ce qui s’est passé.

Lundi, un système dépressionnaire provenant du Sud-Ouest a laissé jusqu’à 35 centimètres de neige par endroit. La Péninsule acadienne a été la plus touchée par cette bordée qui n’est pas inhabituelle en cette période de l’hiver.

Mais les choses se sont compliquées…

Cette dépression est demeurée stationnaire au large du Labrador. Elle a ainsi freiné le passage d’un système de haute pression accompagné de forts vents qui est demeuré stable au nord-est des États-Unis.

«Nous avons eu un scénario parfait pour créer de la visibilité réduite. Nous avons eu des conditions s’apparentant à un blizzard. Ce n’est pas quelque chose qui arrive souvent, mais ce n’est pas anormal. Cela a donné les ingrédients d’un cocktail parfait», a expliqué M. Doiron, de son bureau de Fredericton.

Normalement, un système dépressionnaire laisse place à un système de haute pression et de vents qui ne fera que passer en une demi-journée.

Mais là, ces vents se sont maintenus et ont atteint en rafales 100 km/h à plusieurs endroits. Ils ont profité d’une neige fraîche pour créer de la poudrerie intense dans divers secteurs plats de la région, comme le long de la côte ou les plaines à Shippagan.

«Ce que nous avons eu n’est pas le résultat de deux ou trois tempêtes successives. C’en est une seule avec des effets secondaires, parce que la dépression est demeurée stable au large du Labrador», poursuit M. Doiron. Parlons maintenant de ce qui s’en vient.

Le météorologue aperçoit quelque chose à l’horizon pour lundi, mais il faudra attendre à vendredi, sinon samedi, pour en avoir le coeur net.

«C’est encore flou et ça peut prendre différents scénarios. Ça peut passer au sud ou au centre de la province. Cette dépression a le potentiel d’une bonne bordée, mais nous sommes toujours dans l’incertitude concernant sa trajectoire», prévoit-il.