Malbouffe, vie sédentaire et manque de sommeil guettent vos enfants

Élever un enfant en santé est plus difficile aujourd’hui qu’il y a 25 ans. Une autorité en la matière tire la sonnette d’alarme, affirmant que les parents, les écoles et les leaders communautaires doivent travailler plus fort que jamais afin d’apprendre aux jeunes à éviter la malbouffe, la vie sédentaire et le manque de sommeil.

Plus de 28% des jeunes de la 6e à la 12e année souffrent de surpoids. Chez les enfants de la maternelle à la 5e année, 36% sont au-dessus de la limite de poids recommandée.

«On a un niveau plus élevé chez les plus jeunes. On peut vite comprendre que ce n’est pas de bon augure pour le futur si rien ne change. Plus on est jeune quand on développe un surpoids, plus longtemps on le garde et plus c’est difficile à changer à l’âge adulte», explique Stéphane Robichaud, directeur général du Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick (CSNB).

Ces chiffres ne sont que la pointe de l’iceberg au niveau des indicateurs de santé des enfants. Selon les données du CSNB, seulement 1 jeune sur 5 fait 60 minutes d’activité physique par jour, moins de la moitié mangent assez de fruits et de légumes, 63% passent plus de 2 heures devant un écran et 60% ne dorment pas 8 heures par nuit.

Comment expliquer ces chiffres? À travers les forums publics, M. Robichaud constate que «nos vies ont beaucoup changé au cours des dernières 25 années». Les changements se sont produits de façon progressive, sans que les familles aient la chance d’en prendre pleinement conscience et s’adapter en conséquence.

Les nouvelles technologies – notamment les téléphones intelligents et les tablettes – rendent plus attrayant un mode de vie sédentaire et nuisent au sommeil quand elles sont utilisées en soirée. Au niveau de l’alimentation, les choix rapides et faciles – mais souvent non nutritif – remplacent les jardins potagers et la nourriture fraîche.

«On est un peu comme des grenouilles dans l’eau qui se réchauffe. On ne voit pas les changements à mesure qu’ils ont lieu. En voyant les chiffres et les nouvelles recherches, c’est une occasion de réaliser qu’il y a des changements qui ont lieu et qu’on doit s’adapter.»

M. Robichaud est optimiste pour l’avenir, mais affirme que tous doivent prendre la question au sérieux. Il souligne qu’il y a des initiatives intéressantes sur la santé dans les écoles et les leaders communautaires mettent plus d’emphase sur le transport actif et l’activité physique en général. Il croit aussi que les parents d’aujourd’hui sont aussi bien intentionnés et habiles que les générations passées.

«Quand je pense à mes parents et les parents du passé, je ne crois pas nécessairement qu’ils avaient une approche plus saine que les parents d’aujourd’hui. C’est plutôt le monde qui a changé. C’est beaucoup plus simple aujourd’hui d’être sédentaire. Le facile et la rapidité sont beaucoup plus prépondérants au niveau de la nourriture. Aujourd’hui, nos enfants grandissent dans ce nouveau monde.»

«Je suis optimiste par rapport à la possibilité de s’améliorer, mais je suis inquiet par rapport au temps que ça va prendre avant de réagir. En attendant qu’on se sensibilise et qu’on s’améliore, ce sont les enfants qui vont payer le prix.»

Les données du CSNB proviennent des Sondages sur le mieux-être des élèves du Nouveau-Brunswick. Les données sur les jeunes de la 6e à la 12e année ont été recueillies durant l’année scolaire 2015-2016 et ceux sur les élèves de la maternelle à la 5e année, en 2016-2017.