L’industrie du crabe des neiges et les scientifiques d’Ottawa réunis à Moncton

L’industrie du crabe des neiges et les scientifiques d’Ottawa se sont réunis à Moncton, la semaine dernière, afin de s’attaquer à la gestion de la pêche dans le sud du golfe du Saint-Laurent. Voici les points saillants de la réunion annuelle du comité consultatif du crabe des neiges.

Les agents du ministère des Pêches et des Océans (MPO) ont saisi 237 casiers de pêche de crabe des neiges dans des endroits interdits durant et après la saison de pêche. Seulement neuf étaient des casiers rapportés comme perdus.

«On a de l’amélioration à faire en 2019. On a fait des enquêtes. Des accusations vont être portées et des informations ont déjà été déposées en cour reliée à des casiers qui n’ont pas été récupérés ou qui n’ont pas été rapportés comme perdue dans la saison de 2018», a affirmé Ron Belliveau, Chef des opérations et d’application des règlements du MPO.

L’an dernier, le MPO a rendu obligatoire la déclaration des engins perdus dans le cadre de ses mesures de protection des baleines noires de l’Atlantique Nord. Au total, 238 casiers ont été rapportés comme perdus.

Pêche «préoccupante» de crabes blancs

M. Belliveau s’est dit «préoccupé» par la pêche de crabes des neiges à carapace molle – aussi connu comme «crabes blancs» – en 2018.

Durant une présentation au comité consultatif, il a affirmé qu’il y a «probablement» eu une surpêche de crabe venant récemment de subir leur mue dans certains secteurs, ce qui «pose un risque sur la santé et la viabilité des stocks».

En temps normal, les quadrilatères de pêche sont fermés dès qu’une trop grande proportion de crabes blancs est détectée. Cette année, cependant, la surveillance n’aurait pas été faite de façon adéquate.

«Pour la première fois, un membre d’équipage de la zone 12 (golfe du Saint-Laurent) a communiqué de l’information sur le fait que des pêcheurs pêchaient à des endroits où il y avait beaucoup de crabes blancs.»

M. Belliveau a laissé entendre les fermetures de certaines zones de pêche pour la protection des baleines noires est en cause. Afin de capturer leur quota dans un délai plus court, certains pêcheurs auraient déposé leurs casiers dans des secteurs où il y avait trop de crabes blancs. M. Belliveau a affirmé que «peu de crabes» ont été échantillonnés et que les échantillonnages n’ont pas toujours «été faits de façon aléatoire».

«Ç’a été une année difficile avec la fermeture de zones pour la baleine. Les gens ont pêché dur à différents endroits, y compris dans des endroits où on aurait dû avoir la présence de crabes blancs.»

Débarquements élevés prévus en 2019 et en 2020

La biomasse de crabe des neiges pour la pêche commerciale atteint 80 743 tonnes, en 2019. En suivant l’approche de précaution du MPO, l’industrie prévoit un total admissible des captures de 33 025 tonnes pour l’ensemble du golfe. La zone 12, où pêchent la majorité des pêcheurs néo-brunswickois, aura droit à un quota de 28 290 tonnes.

Les données préliminaires du plus récent sondage sur la biomasse et des observations sur les taux de reproduction laissent prévoir une biomasse pour la pêche commerciale de 83 850 tonnes en 2020.

«L’estimation prédite de la biomasse pour 2020 est un peu plus élevée que l’estimation de cette année», a affirmé la biologiste du MPO Amélie Rondeau.

Beaucoup de glace dans le golfe

Les pêcheurs de crabe des neiges qui rêvent d’un début de pêche hâtif seront probablement déçus au cours des prochaines semaines. Des fonctionnaires du MPO ont affirmé la semaine dernière qu’il y a plus de glace dans le golfe du Saint-Laurent cette année qu’il y en avait à pareille date, l’an dernier.

Les crabiers préféreraient prendre le large bien avant le 28 avril, date à laquelle entre en vigueur la fermeture d’une grande zone statique dans l’ouest du golfe – région où la majorité des baleines noires ont été observées au cours des deux dernières années.

En 2018, les crabiers ont pris le large le 29 avril.