Redécouvrir les plaisirs de l’hiver sur un fatbike

La popularité du fatbike, ce vélo aux pneus surdimensionnés, continue sa croissance dans le Sud-Est. Avec un nombre toujours plus grand d’adeptes et de groupes organisés qui dament les sentiers, familles et passionnés de plein air peuvent désormais profiter de l’hiver d’une toute nouvelle façon.

Un nouveau phénomène a lieu dans le Grand Moncton les lendemains de tempête. Alors que la neige est toute fraîche, des dizaines de personnes chaussent leurs raquettes et se dirigent vers la demi-douzaine de réseaux de sentiers fréquentés par les amateurs de fatbike.

Une fois leur travail terminé, les amateurs de fatbike ont droit à des kilomètres de sentiers qui serpentent les forêts enneigées. Ils y roulent jusqu’à la tempête suivante.

«Pour un seul système de sentiers – et j’en connais cinq à Moncton -, on est une douzaine qui aide à le damer.», explique Jean-François Moreau, un passionné local.

«Ça grandit. Dans les sentiers que je fréquente, il y a trois ans, on ne pouvait pas faire de bicycle du tout. Personne n’y allait à pied ou en raquettes. Maintenant, quelques jours après les tempêtes, on peut rouler dans ces sentiers étroits, raboteux, croches et rapides.»

12 mois de vélo à l’extérieur

Trevor Bourque est passionné du vélo de montagne. Pendant des années, c’est avec chagrin qu’il rangeait son vélo chaque automne, anticipant déjà ses premières sorties du printemps.

M. Bourque s’était résigné à son sort. Il se disait qu’il passerait ses hivers sur ses raquettes et sa planche à neige. Voilà pourquoi, quand un de ses amis a acheté le premier fatbike du Grand Moncton, il le trouvait «un peu bizarre». Il a toutefois vite compris qu’il avait devant lui la solution à son problème hivernal.

«Nous nous sommes rendu compte que c’était une occasion de sortir en hiver. On n’a plus la longue attente pour l’arrivée du printemps.»

Aujourd’hui, M. Bourque est membre de la communauté croissante d’adeptes de fatbike du Grand Moncton. Le sport gagne en popularité non seulement chez les passionnés d’aventure et de vélo de montagne, mais aussi chez les familles et les amateurs de plein air.

«Il y a plusieurs façons de faire du fatbike. Il y en a qui aiment rouler sur les lacs gelés et les sentiers plus larges. Il y en a qui les utilise comme leur vélo à longueur d’année. Mon groupe d’amis et moi, nous préférons être dans les sentiers étroits dans le bois. Si je suis dans le bois, je suis heureux.»

Un sport en pleine croissance

Les premiers fatbikes destinés au grand public ont vu le jour en 2005, quand la compagnie Surly Bikes a lancé son premier modèle commercial, le Pugsley. Depuis, l’activité de plein air a gagné en popularité en Amérique du Nord, faisant ses premières percées au Nouveau-Brunswick il y a une demi-douzaine d’années.

Si le mouvement a atteint son pic au Québec et en Ontario – et s’essouffle un peu en Alberta -, il n’est pas à la veille de ralentir au Nouveau-Brunswick.

«Nous, ça monte encore. Chaque magasin dans la région en vend probablement une cinquantaine par an. Là, dans mon magasin, les fatbikes sont vendus pour l’année», explique Jim Goguen, propriétaire de My Bike Shop à Moncton.

«J’ai deux de mes bons clients, un couple, qui ont annulé un voyage à Cuba et qui ont acheté deux fatbikes. Ils ont utilisé leur budget de vacance pour visiter leur propre province au lieu de se rendre à Cuba.»

L’équipe de M. Goguen investit du temps et de l’énergie afin de mousser l’intérêt pour le sport. Chaque semaine, elle organise des randonnées de groupe à Moncton et à Shediac.

«Il y a deux semaines, on est parti de notre magasin à Shediac et on s’est rendu sur l’Île de Shediac en passant sur la mer.»

M. Goguen croit que la popularité du fatbike continuera de croître pendant au moins trois ans au Nouveau-Brunswick. Il souligne notamment qu’il y a une absence de vélos à pneus surdimensionnés de seconde main à vendre dans les petites annonces locales. Ce n’est pas nécessairement le cas pour l’équipement d’autres activités en plein air.

«On aime la raquette et le ski de fond, mais le fatbike représente une autre option. Le but, à la fin de la journée, est de sortir dehors et s’adonner à l’activité en plein air. L’an dernier, c’était vraiment l’année du fatbike. On a eu un mois de raquette et un mois de ski de fond, mais le fatbike se pratique à longueur d’année.»

Trails conditions were good Monday at Mill Creek Town of Riverview!

Posted by Cap Cranky on Thursday, February 21, 2019