Ŀes femmes aussi peuvent exceller en construction

Les femmes oeuvrant dans les métiers non traditionnels ont été célébrées, vendredi, à Dieppe. Malgré les progrès des dernières décennies, il existe toujours des pressions sociales décourageant les femmes de choisir une carrière comme celles de plombière, d’électricienne ou de mécanicienne.

Ashley Ritchie était passionné de ses cours de métiers à l’école secondaire, au début des années 2000. Vers la fin de l’adolescence, elle considérait sérieusement d’entreprendre une formation en charpenterie ou en maçonnerie.

À la suite de discussions avec sa famille et des conseillers en orientation, elle a plutôt décidé de s’inscrire à un programme universitaire en biologie marine.

«Je ressentais une pression pour aller à l’université. On me disait qu’il n’y avait pas beaucoup de femmes dans les métiers, que ça serait difficile sur mon corps et que je ne voudrais pas faire ça toute ma vie.»

Pendant ses trois années d’étude en biologie marine, elle n’a jamais arrêté de penser au temps qu’elle avait passé dans les ateliers de son école secondaire, à St. George. L’été avant sa dernière année universitaire, elle a enfin eu le courage d’avoir une conversation franche avec elle-même.

«Je travaillais durant l’été afin d’économiser de l’argent pour faire quelque chose que je savais que je ne voulais pas faire toute ma vie. Je n’en pouvais plus: je me suis inscrite en charpenterie. Dès que j’ai pris la décision, je savais que c’était la bonne. Mais ce n’était pas le cas pour tous ceux qui m’entourent. On me disait: “que fais-tu? Réfléchis comme il faut: pourquoi abandonnerais-tu quelque chose aussi près du but?”»

«En fin de compte, mon métier m’a permis de payer mon prêt étudiant en moins de deux ans. Aussi, j’ai réussi à compter mes crédits de métier envers un diplôme universitaire en éducation des adultes. Je n’ai donc rien perdu.»

Mme Ritchie a entamé une formation en charpenterie en 2009, domaine dans lequel elle a obtenu son Sceau rouge (une certification de qualification interprovinciale). Elle a continué ses études, obtenant son Sceau rouge en maçonnerie, la semaine dernière.

«J’adore faire l’extérieur d’un édifice. Je trouve que la maçonnerie complémente bien la charpenterie. Quand on combine du travail de bois et de pierre sur une maison, elle se démarque. J’adore être capable de créer cette première impression qu’on a en voyant un bâtiment.»

Mme Ritchie est la preuve que le stéréotype comme quoi les femmes sont moins douées dans les métiers est faux. Elle a participé à quatre reprises aux Olympiades canadiennes de Compétences Skills Canada, un concours national des métiers. Les deux dernières années, elle a remporté l’or et l’argent en maçonnerie.

Malgré ses habiletés, elle fait toujours face à des obstacles en raison du fait qu’elle est une femme dans un métier non traditionnel.

«J’ai toujours le sentiment que les gens pensent que je ne suis pas capable de réussir un projet quand ils me voient arriver sur le terrain. Mais ça part facilement. Quand j’arrive et je fais mon travail, tout devient normal. Ça peut durer une journée ou deux, mais, habituellement, vers la fin de la première semaine, toutes les petites hésitations sont parties.»

Mme Ritchie a animé un kiosque sur la maçonnerie, vendredi, lors de la Journée des femmes de métier au CCNB – Campus de Dieppe. Elle est une mentore du programme Nouvelles bottes, une initiative qui encadre et sensibilise les employeurs et les travailleuses potentielles des métiers.