Cellulaire en salle de classe: un outil pédagogique

En septembre, les élèves de l’Ontario n’auront plus droit au téléphone cellulaire en salle de classe. Ce ne sera pas le cas dans les écoles francophones au Nouveau-Brunswick où l’utilisation de la technologie est plutôt encouragée.

«Il y a un réel problème avec ce que M. Ford (NDLR: le premier ministre Doug Ford) a fait en Ontario», a lancé le président de la FJFNB et le co-créateur du mouvement #Wifidansnosécoles, Émile Couturier.

Au Nouveau-Brunswick, l’usage du téléphone intelligent est à la discrétion des enseignants et des directions d’école.

«Au DSFNO, nous n’avons pas de politique ni de directive concernant l’utilisation du téléphone cellulaire en classe. Nos écoles sont responsables d’encadrer l’utilisation des cellulaires, selon leurs besoins et leurs réalités», a expliqué par courriel Julie Poulin du District scolaire francophone Nord-Ouest.

Seul le District scolaire francophone Sud a émis une directive quant à l’utilisation des appareils numériques personnels en milieu scolaire.
Cette politique «reconnaît les avantages» des appareils mobiles «à titre d’appui à l’apprentissage».

Les temps ont beaucoup changé selon la directrice générale du district scolaire, Monique Boudreau. Si aujourd’hui on encourage son utilisation, il y a eu un temps où le cellulaire ne pouvait même pas entrer dans l’école.

«Je me rappelle en 2007 ou 2008, j’étais à la direction adjointe d’une école et on interdisait le cellulaire dans l’école. Aujourd’hui, on peut voir que nous avons dépassé cette façon de faire. On voit le téléphone cellulaire comme un outil pédagogique qui peut être très puissant pour les élèves», a confié Mme Boudreau à l’Acadie Nouvelle.

Le choix de l’enseignant

Pour la présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick, Lucie Martin, le téléphone intelligent est un outil pédagogique comme un autre. Le choix de l’utiliser ou non doit donc revenir à l’enseignant.

«Ça permet aux enseignants de faire de l’enseignement par rapport à l’utilisation responsable de ces outils. C’est de l’enseignement que nos jeunes ont besoin de recevoir», a-t-elle indiqué.

Pour les élèves, l’accès au sans-fil et au cellulaire leur permet de jouir d’une vaste sélection d’outils qui favorisent leur apprentissage, de la simple recherche dans Google au calcul mathématique complexe. Ils peuvent, par exemple, utiliser une calculatrice graphique en ligne.

«L’équivalent déconnecté coûte 50$», note M. Couturier.

Internet et le cellulaire peuvent parfois être une distraction, reconnaît le jeune homme. Mais avec le bon encadrement, leur utilisation peut être très bénéfique, selon lui.

«Toute cette idée qu’on ne peut apprendre en ayant des téléphones cellulaires est problématique. Oui, ça peut être une distraction, mais il y a une manière de gérer ça. C’est un recul, en Ontario», a-t-il précisé.

«Quand ils en ont besoin»

À l’école Clément-Cormier de Bouc­touche, par exemple, des pochettes ont été installées à l’entrée des classes.

Les élèves y déposent leur téléphone intelligent et quand l’enseignant permet l’utilisation, les élèves peuvent aller les chercher.
L’idée a été implantée dans d’autres écoles du District scolaire francophone Sud.

«Quand ils en ont besoin, ils vont aller le chercher pour participer à l’activité pédagogique», a expliqué Mme Boudreau.

L’accès au sans-fil dans les écoles est cependant réglementé. On ne peut pas accéder à Facebook à partir des ordinateurs. On veut aussi éviter que les élèves aient accès à certains sites. Tout ça est pour éviter l’intimidation ou d’autres comportements non désirables et distractions.

«Des élèves pourraient envoyer des textos ou prendre des photos des tests ou des choses comme ça», a souligné Mme Boudreau.

Il n’en reste pas moins que les médias sociaux sont une partie importante de la vie des jeunes aujourd’hui, voire même un mode de communication essentiel.

«Il faut dire que les médias sociaux, c’est le courriel de beaucoup de jeunes. Tout ce qui est comité, regroupements étudiants, et même à l’Université de Moncton avec la FÉÉCUM, ça se fait à travers Facebook», avance Émile Couturier.

En 2017, selon la FJFNB, 13 des 22 écoles francophones n’avaient pas de point d’accès sans-fil pour les élèves.