Les appareils Boeing 737 Max 8 et Max 9 interdits de vol au Canada et aux États-Unis

Le Canada et les États-Unis interdisent à leur tour les appareils de Boeing du même modèle que l’avion impliqué dans un écrasement dimanche en Éthiopie.

À Ottawa, mercredi midi, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a annoncé qu’il cloue au sol les appareils Boeing 737 Max 8 et Max 9 que possèdent les compagnies aériennes canadiennes. Et il interdit à ces appareils son espace aérien.

Quelques heures plus tard, le président Donald Trump faisait une annonce semblable à Washington.

Le ministre Garneau rapporte que WestJet, Sunwing et Air Canada, qui possèdent les appareils immobilisés par l’interdiction de vol, n’ont offert «aucune résistance» à sa décision.

Il invite les voyageurs canadiens à changer leurs réservations avec les lignes aériennes impliquées.

«Je réalise très bien que c’est un inconvénient qui est quand même assez important. Mais c’est quelque chose qui doit être fait pour des raisons de sécurité», a expliqué le ministre au cours d’une conférence de presse.

Les Américains qui, eux, avaient continué de faire confiance à l’appareil jusque-là, ont été avertis de la décision canadienne quelques heures plus tôt.

Est-ce que Washington a fait des pressions sur Ottawa dans ce dossier? «Absolument pas, a répondu le ministre. Quand on parle de sécurité, il n’est pas question de pression politique. (…) On parle de (…) la vie des gens.»

Alors comment expliquer la lenteur de la réaction canadienne? La plupart des pays ont commencé à interdire l’appareil dès lundi. Mardi, alors que la liste des pays prudents s’allongeait, le Canada se rangeait encore dans le camp des États-Unis et de Boeing.

Le ministre Garneau répond en mettant son «chapeau d’ingénieur», «d’ancien marin» «et aussi d’astronaute» plutôt que son «chapeau de politicien».

«Il faut savoir exactement ce qui s’est produit avant de sauter à des conclusions ou d’être influencé par nos émotions ou peut-être même par la politique. Il faut examiner avec précision exactement ce qui s’est passé», a-t-il argué.

Ce qui l’a finalement convaincu: la comparaison entre les profils de décollage de l’appareil d’Ethiopian Airlines victime de l’accident de dimanche et ceux de l’appareil de Lion Air qui s’est écrasé en octobre, en Indonésie.

«Il y a des ressemblances entre les deux profils qui ne sont pas conclusifs — il y a encore beaucoup d’hypothèses sur la cause précise de l’accident», a-t-il rapporté, citant des «fluctuations verticales» similaires dans les deux cas.

«Encore une fois, ce n’est pas la preuve que c’est la même cause. (…) Il faut attendre de voir les données et d’entendre les voix sur les enregistreurs, les boîtes noires», a-t-il insisté.

L’écrasement d’un appareil du transporteur aérien Ethiopian Airlines dimanche a fait 157 morts, dont 18 Canadiens.

L’avis de sécurité émis par le ministre «restreint le décollage, l’atterrissage ou le survol de l’espace aérien canadien par tout vol commercial de passagers effectué par des appareils Boeing 737 Max 8 et Boeing 737 Max 9 exploité par tout transporteur aérien, canadien comme étranger». Il est entré en vigueur immédiatement et demeurera en place «jusqu’à nouvel ordre».

Transports Canada exige également que les transporteurs aériens canadiens exploitant les appareils Boeing 737 Max 8 et Max 9 mettent en place de nouvelles procédures et de la formation supplémentaire pour les équipages.