Services après-classe bilingues: Fredericton ne peut pas intervenir, selon Cardy

La province n’a pas le pouvoir d’interdire aux centres de la petite enfance d’offrir des services après-classe bilingues, selon le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance. Dominic Cardy n’écarte cependant pas complètement la possibilité d’agir dans le futur.

Les centres de la petite enfance (CPE), ces super garderies créées par le précédent gouvernement libéral, devaient contribuer à la réduction du nombre de garderies bilingues dans la province.

Afin d’obtenir la désignation CPE et de pouvoir offrir leurs services gratuitement ou à moindre coût, grâce à des subventions gouvernementales, les garderies devaient s’engager à fonctionner dans une seule langue, avec un seul programme éducatif.

Pourtant, une dizaine de CPE offrent toujours des services de garde parascolaire à la fois en anglais et en français dans le même établissement.

Selon le ministre Dominic Cardy, c’est parce que la Loi sur les services à la petite enfance n’encadre pas l’après-classe.

«Les programmes après-classe ne font pas partie du système de l’Éducation et du Développement de la petite enfance. Nous ne les gérons pas. Nous n’avons pas le droit dans la règlementation de les forcer à choisir entre l’anglais et le français pour l’après-classe», dit-il.

M. Cardy assure cependant que ces CPE ont bel et bien l’obligation de choisir un seul curriculum et une seule langue pour les services de garde durant la journée.

«Tous les CPE désignés ont fait un choix entre le système francophone et le système anglophone.»

Les garderies bilingues en général sont d’ailleurs en voie d’extinction, selon le ministre de l’Éducation.

«En 2012-2013, lorsque le secteur de la petite enfance a été inclus dans le ministère de l’Éducation, 11,4% des garderies étaient bilingues et aujourd’hui c’est 2%.»

«C’est clair que le développement du cerveau des jeunes et le développement des aptitudes sociales, ça commence à cet âge. C’est pour ça que c’est important de donner une base assez forte dans la langue maternelle», ajoute-t-il.

Dominic Cardy n’exclut pas l’idée de changer la loi un jour pour donner à la province le pouvoir de réglementer les services après-classe. Ce n’est cependant pas dans ses plans immédiats.

«Pas aujourd’hui, mais c’est quelque chose que nous allons continuer à étudier. Notre intention est de continuer à faire avancer le système de l’éducation de la petite enfance. Lorsque ça sera pleinement intégré avec le système d’éducation en général, c’est absolument quelque chose que nous allons étudier.»

M. Cardy n’est pas non plus contre l’idée de réaliser la pleine dualité linguistique au sein du secteur du Développement de la petite enfance comme dans le reste du ministère de l’Éducation.

«C’est quelque chose que nous étudions. Quelle est la façon la plus efficace de gérer les deux secteurs? Nous allons continuer à étudier ça dans nos discussions sur la réforme du système d’éducation en général.»

La directrice générale de l’Association des parents francophones du Nouveau-Brunswick, Chantal Varin, a été surprise d’apprendre que des CPE pouvaient encore offrir des services après-classe bilingues.

«Ce n’est pas ce que nous avions compris au départ et nous n’avons pas été informés de cette tournure-là.»

L’Association réclame la fin de tout service bilingue en petite enfance.

«Nous ne voulons plus de garderies bilingues. Qu’elles soient CPE ou non, nous cherchons à éliminer ce type de garderie. En milieu minoritaire, ce sont des milieux d’assimilation», souligne Chantal Varin.

«C’est la responsabilité du ministère. S’ils reconnaissent l’importance du choix d’un curriculum (dans une seule langue) en petite enfance, pourquoi ne pas reconnaître l’importance du choix de la langue de service pour les enfants après-classe. Il y a une incongruité ici.»