La Péninsule perd «une grande dame»

Au cours de sa vie, Norma Landry n’a jamais cherché à rafler les grands honneurs, mais à force de foncer, elle parvenait toujours à accomplir de grandes choses. La femme d’affaires de la Péninsule acadienne, surtout reconnue pour son implication dans le domaine des foyers de soins, est décédée mercredi matin à l’âge de 78 ans après une lutte contre le cancer.

Née à Pokemouche en 1940, Norma Landry a commencé sa carrière en tant qu’enseignante aux écoles de Landry Office et de Maltempec. Mariée à l’âge de 17 ans, elle a dû traverser une première dure épreuve alors qu’elle était toujours adolescente. Sa première fille est décédée à l’âge de 7 mois.

Peu de temps après, alors qu’elle était enseignante à Maltempec, on lui a demandé de s’occuper de deux enfants le temps d’un weekend. Elle a continué à en prendre soin. L’un d’eux, Léonard, continue de diriger l’un de ses foyers à Shippagan.

Même si elle a continué à enseigner jusqu’en 1972, on voyait déjà des signes de sa fibre entrepreneuriale. Elle a ouvert une cantine et un restaurant annexé à sa résidence à Maltempec lorsqu’elle avait 23 ans.

Au fil des ans, Mme Landry a été à la tête d’un bon nombre d’entreprises, dont un total de six foyers de soins qui employaient environ 100 personnes. Elle était aussi co-propriétaire du Camping Pokemouche.

«C’était une grande dame! Elle a ouvert plusieurs foyers de soins. À un moment donné, elle les a vendus et elle est partie vivre pendant quelques années à Moncton. Elle a fait construire deux nouveaux foyers là-bas, mais elle a eu le mal du pays comme on dit, alors est revenue dans la Péninsule acadienne. Elle a racheté les foyers de la Péninsule acadienne pour repartir à neuf», raconte Hélène Paquette, secrétaire de Norma Landry depuis environ 14 ans.

Mme Paquette est toujours secrétaire des foyers dirigés par les enfants de Mme Landry.

«Pour Norma, les plus démunis étaient sa priorité. Elle s’assuraient toujours que les résidents de ses foyers soient traités comme elle aurait voulu être traitée à leur place. C’était toujours comme ça.»

En plus d’être entrepreneure, Norma Landry a été impliquée dans bon nombre d’organismes dans la Péninsule acadienne et au Nouveau-Brunswick.

L’Association francophone d’établissements de soins spéciaux du Nouveau-Brunswick lui a d’ailleurs rendu hommage en nommant un prix annuel en son honneur.

Elle s’est également lancée en politique. En 1983, elle est devenue la première femme élue au conseil municipal de Shippagan. En 1997, elle a été la candidate de l’ancien Parti progressiste-conservateur aux élections fédérales. Bien qu’elle ait terminé en troisième place derrière Doug Young, du Parti libéral et Yvon Godin, du NPD, aucun candidat conservateur n’a depuis raflé autant de votes que Mme Landry, qui a terminé la soirée avec 24% des voix.

Hélène Paquette conserve de bons souvenirs de son amie.

«C’était tellement valorisant de travailler avec elle. Elle était tellement humaine. Même à 78 ans, elle avait toujours des projets qui lui trottait par la tête.»

«Pour moi c’était une ambassadrice pour les foyers de soins. Elle avait un grand coeur et elle ne lâchait jamais prise. Elle était toujours prête à donner des conseils, car elle avait vécu toute sorte de choses.»