Kevin Vickers compte déjà sur des appuis de taille

L’ex-ambassadeur du Canada en Irlande, Kevin Vickers, se lance officiellement dans la course à la direction du Parti libéral du Nouveau-Brunswick. Il part en lion et a déjà l’appui de nombreuses grosses pointures libérales.

Le prétendant à la succession de Brian Gallant, qui est âgé de 62 ans, a donné le coup d’envoi de sa campagne, vendredi midi dans une salle communautaire de Miramichi.

Après une cérémonie autochtone et une danse traditionnelle irlandaise, Kevin Vickers a pris la parole devant une foule de plusieurs dizaines de personnes conquises d’avance.

«Aujourd’hui, j’annonce que je brigue la chefferie du Parti libéral», a-t-il dit avant d’être enterré par les applaudissements de ses partisans.

«Je construirai une équipe de femmes et d’hommes talentueux et diversifiés pour me guider. (…) Notre parti regorge de libéraux remplis d’idéalisme, de pragmatisme et de gros bon sens néo-brunswickois», a-t-il ajouté.

Il a ensuite prononcé un discours d’une vingtaine de minutes, dans lequel il a tracé les grandes lignes de sa vision.

Fiscalement conservateur, soucieux de l’environnement et socialement progressiste; il a ancré son approche au centre du spectre politique.

Il a fait savoir qu’au cours des prochaines semaines, il parlera au Néo-Brunswickois de cinq grands dossiers, soit la compétitivité économique et la croissance démographique, la responsabilité fiscale, l’éducation, la santé et l’environnement.

«Et vous ne serez pas surpris que la justice et la sécurité soient fondamentalement importantes à ma pensée», a précisé cet ex-membre de la Gendarmerie royale du Canada.

En mêlée de presse, peu après l’annonce, il a été invité à dire s’il croit que le fait qu’il n’a aucune expérience politique est un atout ou un handicap. Il n’a pas trop semblé s’inquiéter de ce trou dans son curriculum vitae.

«Comme vous savez, j’ai passé neuf ans au Parlement, à la Chambre des communes, à traiter tous les jours avec les politiciens de tous les partis. J’ai toujours aimé être près du processus politique, surtout lors de la période des questions», a-t-il dit.

De nombreux appuis

Même si Kevin Vicker est un nouveau venu dans le petit monde de la politique provinciale au Nouveau-Brunswick, il est déjà clair qu’il a l’appui d’une bonne partie de l’establishment du parti libéral.

Pas moins de dix députés libéraux ont assisté au lancement de sa campagne, vendredi à Miramichi. Huit d’entre eux ont confié à l’Acadie Nouvelle qu’ils l’appuient formellement.

C’est le cas d’Isabelle Thériault, Roger Melanson, Benoît Bourque, Lisa Harris, Jacques LeBlanc, Andy Harvey, Rob McKee et Chuck Chiasson.

«Je crois que c’est un homme qui sait rassembler et qui comprend les différentes cultures que l’on a dans la province. C’est un homme qui comprend profondement que l’on a deux langues officielles au Nouveau-Brunswick. Et moi, comme francophone, c’était essentiel», a commenté la députée de la circonscription de Caraquet, Isabelle Thériault.

Les deux autres députés provinciaux présents, Keith Chiasson et Monique LeBlanc, ont dit être là à titre d’observateurs.

L’ex-premier ministre du Nouveau-Brunswick, Camille Thériault, s’était lui aussi déplacé. Il appuie Kevin Vickers sans réserve.

«C’est un rassembleur qui connaît bien les communautés, la communauté acadienne, la communauté autochtone, la communauté anglophone. Je crois aussi que ce qu’il va incarner, c’est qu’il veut être chef pour toute la province et non seulement pour les deux tiers de la province. Ça, c’est très, très important.»

Dans la foule, un spectateur que l’on n’attendait pas là était de la partie, soit le militant libéral et entrepreneur restigouchois Gaétan Pelletier. Ce dernier a annoncé récemment qu’il se lançait dans la course, mais il a changé d’idée.

«J’ai eu l’occasion de dîner avec M. Vickers. À ce moment-là, j’ai compris que nous avons des valeurs qui sont semblables, pratiquement les mêmes. Et puis j’ai décidé d’appuyer M. Vickers», a-t-il affirmé en entrevue avec l’Acadie Nouvelle.

Kevin Vickers en bref

Kevin Vickers a été membre de la GRC pendant plusieurs années – notamment dans la Péninsule acadienne – avant de devenir sergent d’armes du Parlement, à Ottawa.

Il s’est surtout fait connaître à l’échelle nationale pour l’héroïsme dont il a fait preuve lors de la fusillade du Parlement, en 2014. Il a été nommé ambassadeur du Canada en Irlande en 2015.

À la fin décembre 2018, il a exprimé de l’intérêt à succéder à Brian Gallant, mais a laissé planer le doute quant à ses intentions.

Il a ensuite quitté ses fonctions à Dublin pour revenir chez lui, à Trout Brook, près de Miramichi. Au début mars, il a dit qu’il poursuivait sa réflexion et s’est donné une dizaine de jours pour prendre une décision.

Le congrès à la direction du Parti libéral du Nouveau-Brunswick aura lieu les 21 et 22 juin à Saint-Jean. Les personnes intéressées ont jusqu’au 29 mars pour se porter candidates.

Un seul autre candidat déclaré est toujours en lice, soit le directeur de la Maison Nazareth de Moncton, René Ephestion.

Mais comme l’Acadie Nouvelle l’a rapporté récemment, M. Ephestion n’a pas encore la citoyenneté canadienne. Cela pourrait lui mettre des bâtons dans les roues puisque le Parti libéral exige que tous les candidats à la direction soient éligibles, donc qu’ils soient citoyens canadiens.

Selon le directeur général de la formation politique, Keiller Zed, quatre trousses de candidature ont été distribuées jusqu’à maintenant. Lorsque nous l’avons contacté, vendredi avant-midi, personne n’avait encore déposé son dossier dûment complété.