Des centaines d’étudiantes à la découverte des métiers non traditionnels

Près 400 jeunes filles provenant de différentes écoles secondaires de la région Nord-Ouest du Nouveau-Brunswick ont eu droit, jeudi, à un bel aperçu des carrières qui s’offrent à elles dans des domaines jugés comme étant non-traditionnels.

C’est un nombre record de participantes qui ont pris part à cette journée d’activités d’exploration de métiers tenue pour une première fois dans les installations du CCNB et de l’Université de Moncton, situées à Edmundston.

Intitulé «Exploration des carrières métiers et technologies pour filles», l’activité a permis aux élèves d’aller à la rencontre de plusieurs femmes qui ont réussi à briser certains préjugés et à se tailler une place dans des milieux de travail typiquement masculins.

Cette journée aura également permis aux participantes de visiter les installations du collège et de l’université qui étaient les hôtes cet événement qui a semblé bien plaire à ces jeunes visiteuses.

Curieuses, les élèves qui fréquentent pour la plupart les salles de classe de 9e et 10e année ont longuement questionné ces femmes de carrière au sujet de leur parcours académique et de leur réussite professionnelle dans un quotidien entouré d’hommes la plupart du temps.

«C’est difficile de travailler avec des hommes?», de demander au beau milieu d’un atelier d’ébénisterie du CCNB Gina Labonté, une élève de la polyvalente Alexandre J. Savoie de Saint-Quentin.

«Ce n’est pas une question qu’on doit se poser! Si vous faites votre travail, les hommes vont vous considérer comme une collègue», a tôt fait de lui répondre Marie Pier Dubé, la première femme de métier à avoir occupé un poste aux Scieries Chaleur, à Belledune.

Prendre sa place

À l’étage supérieur, les jeunes filles étaient invitées à en apprendre un peu plus au sujet des métiers reliés au maintien de l’ordre.

Doris Roy, une enseignante du programme de Techniques correctionnelles et parajudiciaires du CCNB, qui a longuement oeuvré au Centre régional correctionnel de Madawaska, a elle aussi fait étalage de sa carrière et des étapes qui doivent être franchies par une jeune femme pour accéder à un métier quelconque dans les forces de l’ordre.

«En tant que femme, le défi était grand. Il fallait que je prenne ma place, que je prouve que j’étais capable de faire le travail demandé», raconte l’ancienne superviseuse des programmes au Centre Correctionnel de Madawaska, avant de discuter avec une élève de l’épineuse question du bilinguisme dans les corps policiers au pays.

Le récit de Corinna Crofts, capitaine au sein des Forces armées canadiennes, a également retenu l’attention des élèves présentes au CCNB.

«J’étais chef de troupe à l’âge de seulement 21 ans, avec 34 gars en arrière de moi à diriger! Dis-toi que dès que tu fais ta place, tout peut fonctionner…», raconte à son tour celle qui est maintenant responsable du recrutement des Forces au détachement de Fredericton.

«J’ai trouvé les questions des étudiantes très pertinentes», a-t-elle indiqué au sujet de sa participation à la journée spéciale dédiée aux domaines et métiers non traditionnels.

Des milliers d’emplois à pourvoir
L’événement aura mené à la découverte sur place de l’École de foresterie de l’Université de Moncton, de métiers techniques reliés au génie mécanique, aux opérations d’équipement lourd et à la menuiserie et même à rencontrer un employeur comme J.D. Irving, qui aura des milliers d’emplois à pourvoir au cours des prochaines années.

«Les hommes peuvent être craintifs de voir une femme arriver dans un milieu de travail… L’habitude n’est pas toujours là, il peut y avoir des craintes quant aux capacités de travail et d’intégration des femmes qui arrivent comme ça», a expliqué pour sa part Hélène Savoie-Louis, responsable du programme Nouvelles bottes, qui a pour objectif la promotion, le soutien et le mentorat des femmes dans les métiers spécialisés non traditionnels.

«J’ai trouvé fascinant de voir toutes ces femmes réussir!», a laissé tomber à l’issue de la journée Marie-Soleil Thériault, une élève de 11e année qui s’apprêtait à prendre la direction du Restigouche à bord d’un autobus scolaire.