Les producteurs de sirop d’érable espèrent des jours meilleurs

Après une saison désastreuse en 2018, les producteurs de sirop d’érable du Nouveau-Brunswick ont bon espoir que leur production sera meilleure ce printemps.

L’an dernier, l’hiver a été très froid et le printemps plutôt tardif, rappelle Marc Chiasson, propriétaire de la Sucrerie Chiasson à Paquetville. Les conditions de production idéales sont lorsqu’il fait environ 5°C le jour et -5°C la nuit.

Cette année, la neige a été abondante, au point où plusieurs des tubes acéricoles sont enfouis sous 2 à 3 pieds de neige. M. Chiasson s’est vu obligé d’embaucher des travailleurs pour pelleter la neige qui se trouve autour des érables.

«À certains endroits, on parle de 2 pieds et même 2 pieds et demi de neige. Si on ne dégage pas la neige, les lignes vont rester gelées», a-t-il expliqué lors d’un entretien, jeudi après-midi.

«Aujourd’hui (jeudi), on a démarré les machines et ça coule un peu, mais on va tout jeter ce qui coule, car c’est surtout pour nettoyer les tubulures.»

Marc Chiasson estime que la saison de production 2018 a été désastreuse. Avec 30 000 entailles, il évalue qu’il aurait dû être en mesure de remplir de 200 à 220 barils de sirop.

«L’année dernière, j’ai pu remplir 89 barils. C’est parce qu’il y avait une épaisse couche de glace autour des érables et que ç’a pris du temps à fondre. Quand la glace a enfin fondu, le sol ne gelait plus la nuit. Au moins, on n’a pas l’air d’avoir ce problème cette année!»

Le producteur a de meilleurs espoirs pour cette année. Des conditions hivernales semblables avaient touché la région en 2014-2015 et la production avait été bonne, se souvient-il.

«On avait eu beaucoup de neige et on avait dû beaucoup pelleter. On avait eu un rendement raisonnable. Cette année, si les températures sont bonnes, ça devrait être correct, mais on ne va pas le savoir avant un mois.»

Comme son confrère, Éric Caron, président de l’Association acéricole du Nouveau-Brunswick, souligne qu’il est toujours impossible à l’heure actuelle de prédire si la saison sera bonne ou non.

M. Caron exploite une érablière dans le Madawaska. Étant située plus au nord, elle est l’une des dernières de la province à commencer à produire.

«L’an dernier, il n’y a pas eu de coulée lors des deux premières semaines d’avril. Normalement, c’est notre meilleure période! Quand ç’a enfin commencé à couler, les bourgeons commençaient déjà à sortir… Au lieu d’avoir une vingtaine de journées de coulées, on en a eu une douzaine seulement.»

Il y a quelques années, M. Caron avait réalisé environ 29 000 entailles, pour une production de 427 barils. L’an dernier, ses 53 000 entailles ont donné un rendement de 350 barils.

«On peut dire que j’ai perdu environ la moitié de la production. Je suis en expansion, mais quand tu fais une mauvaise saison, t’as moins de liquidité pour faire du développement.»

En raison du mauvais rendement des érablières de la province, le Nouveau-Brunswick est passé de troisième producteur au monde au sixième rang.

M. Caron a quand même plus d’espoir pour l’année 2019.

«L’année dernière a été catastrophique, alors en principe, on devrait mieux s’en sortir cette année.»