Des grands requins blancs ont visité les eaux de l’est du pays

Au moins quatre grands requins blancs ont nagé dans les eaux de l’est du Canada en 2018. Un biologiste du ministère des Pêches et des Océans estime que la tendance à la hausse se maintiendra en 2019.

Terminée est l’époque où l’on observait un seul requin blanc dans les eaux canadiennes tous les trois à cinq ans. En plus du fait que les scientifiques sont mieux outillés pour détecter la présence de ces grands carnivores marins, la population de l’Atlantique semble être en croissance. Une plus grande compétitivité dans l’habitat principal du requin – entre la Floride et le golfe du Maine – semble inciter certains individus à chercher de la nourriture plus au nord.

La surabondance de phoques gris au large de l’Île de sable, à l’est de la Nouvelle-Écosse, est une «source de nourriture naturelle» pour le requin blanc, espèce classée comme étant en voie de disparition par la Loi sur les espèces en péril du Canada.

«La protection des phoques gris et la croissance de leur population en font une source abondante de nourriture pour les requins blancs. Quand les requins grossissent, ils mangent plus de mammifères marins», explique Warren Joyce, technicien des pêches aquatiques du ministère des Pêches et des Océans.

Les plus gros requins blancs du monde

Certains des grands requins blancs les plus massifs de l’histoire ont été observés dans le golfe du Saint-Laurent. Un de ces poissons cartilagineux mesurant cinq mètres (16 pieds) a été capturé au large de l’Île-du-Prince-Édouard, en 1983.

Pendant des décennies, des scientifiques ont débattu la légitimité de l’observation d’un requin blanc mesurant 11,3 mètres (37 pieds), capturé au large du Nouveau-Brunswick dans les années 1930.

Le biologiste des requins M. Joyce croit qu’il s’agit d’un spécimen d’une autre espèce – un requin-pèlerin – faussement identifié comme un requin blanc. Il estime que la taille maximale possible pour un requin blanc est d’un peu plus de 6 mètres.

À titre de comparaison, le requin blanc fictif du film populaire des années 1970 Les Dents de la mer (Jaws) mesurait 7,6 mètres.

«Il y a eu des requins de 17 à 19 pieds (5,1 à 5,7 mètres) capturés au large de la Nouvelle-Zélande, des États-Unis et même de l’Île-du-Prince-Édouard. C’étaient parmi les plus grands. À plus de 20 pieds (6,1 mètres), je ne pense pas qu’on parle de données fiables.»

Certains avancent que le plus grand requin vivant est une femelle âgée de 50 ans dans l’Océan pacifique nommée «Deep Blue». Elle mesure un peu plus de 6 mètres de long et 2,4 mètres de large.

Des requins dans le golfe

Si la plupart des observations de requins blancs dans les eaux canadiennes ont lieu dans la baie de Fundy et à l’est de la Nouvelle-Écosse, M. Joyce soupçonne qu’ils se rendent périodiquement dans le golfe du Saint-Laurent.

Une observation non confirmée a eu lieu en 2018 à l’est de l’Île-du-Prince-Édouard.

«Je soupçonne qu’ils y sont. Ils y sont allés dans le passé, mais nous n’avons pas détecté nos requins étiquetés dans la région. Il n’y a rien qui les empêche d’aller dans le golfe, et il y aurait certainement des mammifères marins et de grands thons qu’ils pourraient manger.»

Les observations anecdotiques de requins blancs sont plus fréquentes dans les eaux canadiennes. L’an dernier, un d’eux a poursuivi des canoéistes au large du Nouveau-Brunswick. Des pêcheurs de la baie de Fundy ont aussi publié une vidéo sur Facebook dans laquelle on peut voir un requin blanc sauter à l’extérieur de l’eau afin de manger l’appât au bout de leur ligne de pêche.

Les personnes qui observent un requin blanc peuvent se considérer comme chanceuses: les observations sont rares selon M. Joyce. Ils doivent cependant s’assurer de bien respecter l’animal, de la même façon que s’ils rencontrent un ours ou un orignal sur terre.

Les scientifiques ne savent pas combien de requins blancs habitent les eaux de l’Océan atlantique, selon M. Joyce. Le grand carnivore de la mer a cependant le statut d’espèce en voie de disparition de la Loi sur les espèces en péril du Canada. Des scientifiques américaines travaillent afin d’établir un modèle capable d’estimer leur population.