Foyers de soins: un arbitre devrait trancher, estime l’opposition

Les libéraux et les verts demandent au gouvernement provincial d’aller en arbitrage exécutoire avec les travailleurs des foyers de soins afin d’éviter la grève et de régler le conflit.

Le libéral Denis Landry a consacré sa première intervention en tant que leader de l’opposition officielle à la crise dans les foyers de soins, mercredi, durant la période de questions à l’Assemblée législative.

Le chef par intérim du Parti libéral a demandé au premier ministre Blaine Higgs de consentir à l’arbitrage exécutoire pour mettre fin au conflit qui oppose les 4100 travailleurs de 46 foyers de soins à leur employeur et à la province.

«Le gouvernement est-il prêt à accepter que ces employés fassent appel à l’arbitrage exécutoire? D’après moi, à ce moment-ci, c’est la seule chose qui pourrait permettre de régler cette mésentente», a déclaré M. Landry.

«Il n’y a pas seulement les employés qui trouvent la situation difficile: il y a aussi les pensionnaires des foyers de soins.»

Lors d’un arbitrage exécutoire, les parties s’engagent à respecter la décision d’un arbitre indépendant, peu importe le résultat. L’arbitre est alors invité à trancher les questions en litige, comme les augmentations salariales, après avoir analysé les offres des parties.

M. Higgs n’a pas répondu directement aux questions de Denis Landry sur l’arbitrage exécutoire. Il a cependant indiqué qu’il serait injuste à son avis d’offrir davantage aux travailleurs des foyers de soins qu’aux autres syndiqués des services publics qui ont accepté des augmentations salariales annuelles de 1% au cours des dernières années.

«Ce n’est pas le moment de changer les règles et de dire “tant pis, nous allons changer notre politique”. Nous n’allons pas régler ça en changeant les règles du jeu au beau milieu de la partie», a confié le premier ministre.

Il a laissé entendre que les syndiqués souhaitaient seulement parler de leur salaire et pas de leurs conditions de travail ou du nombre d’heures de soins prodigués aux résidents.

«C’est plus qu’une question de salaire. C’est une question de viabilité des services», a dit Blaine Higgs.

Le député Kevin Arseneau du Parti vert a lui aussi demandé au premier ministre d’aller en arbitrage exécutoire avec les travailleurs des foyers de soins au lieu d’avoir recours au tribunal pour les empêcher de faire la grève.

«Au lieu de s’asseoir et de négocier, notre premier ministre préfère traduire en justice ces citoyens qui s’occupent des gens les plus vulnérables de notre province pour tenter de leur enlever le dernier recours démocratique qui est à leur disposition pour mettre fin à 10 ans de conditions de travail épouvantables et de diminutions de salaire», a dénoncé M. Arseneau.

Arbitrage exécutoire

Selon Patrick Roy du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), les travailleurs ont déjà proposé au gouvernement précédent d’aller en arbitrage exécutoire dans ce dossier. Le déclenchement des élections a cependant fait dérailler leur offre.

«Nous aimerions plus retourner à la table pour négocier, mais comme ça l’air qu’il n’y a pas d’options à la table, (l’arbitrage exécutoire) est la prochaine étape», a confié M. Roy.

«Avec tout ce qui se passe devant les tribunaux, l’arbitrage exécutoire est peut-être la seule façon de mettre fin au conflit. Les résidents des foyers de soins seraient protégés parce qu’il n’y aurait pas de droit de grève», a constaté le représentant syndical.

Les parties ont rendez-vous en Cour d’appel du Nouveau-Brunswick, jeudi avant-midi. Les avocats de la province vont essayer de convaincre le juge Raymond T. French d’entendre leur appel de la décision d’une cour inférieure qui permet aux syndiqués de faire la grève.

Le juge French a suspendu temporairement le jugement de la Cour du banc de la Reine, lundi, afin d’éviter la grève. S’il accepte d’entendre l’appel de la province, les avocats du gouvernement lui demanderont aussi de prolonger cette suspension jusqu’à ce que la Cour d’appel se prononce sur le fond de l’affaire.

Les négociations entre le syndicat, l’Association des foyers de soins du Nouveau-Brunswick et le gouvernement provincial ont été suspendues par le médiateur la semaine dernière en raison de l’absence de progrès.

Les négociations pourraient reprendre plus tard cette semaine.