Une église de Moncton sera détruite pour faire place à un immeuble d’appartements

Le conseil municipal de Moncton donne un premier feu vert à la démolition de l’église catholique Saint-Louis-de-France.

L’archidiocèse tente depuis plusieurs mois de vendre l’édifice religieux situé sur la rue Lewisville.

Lundi, les conseillers se sont prononcés en faveur d’une demande de rezonage soumise par A.T.M.J Properties qui propose de raser l’église pour faire sortir de terre un bâtiment de quatre étages comprenant 80 appartements.

L’entreprise souhaite construire un immeuble résidentiel «haut de gamme» offrant aux locataires un stationnement souterrain, un accès direct au sentier Humphrey Brook et une «belle vue sur Moncton».

De moins en moins fréquentée, l’église Saint-Louis-de-France est l’un des quatre édifices religieux catholiques de la région qui ont mis la clef sous la porte en 2018. La décision a été prise à la suite d’un processus d’examen mené par l’archidiocèse.

Les lieux sont restés vacants depuis la dernière messe en avril 2018. Depuis, l’archidiocèse a reçu plusieurs offres d’achat. Aucune d’entres-elles ne prévoyaient de maintenir le bâtiment debout.

L’église a été construite en 1972 par l’architecte Gérald Gaudet. «L’édifice est l’un des exemples les mieux exécutés de l’architecture brutaliste au Nouveau-Brunswick, si ce n’est au Canada atlantique», souligne Lawren Campbell, coordonnateur du patrimoine et de la culture.

Le mois dernier, le comité municipal de la conservation du patrimoine a décidé ne pas  désigner l’église comme lieu patrimonial, permettant ainsi sa démolition. Cependant, l’administration municipale a demandé au promoteur qu’une partie de l’édifice religieux soit conservée et intégrée au site pour «commémorer l’église».

La demande de rezonage a finalement été adoptée en première lecture à sept voix contre deux.

À la sortie du conseil, l’archevêque de Moncton Valéry Vienneau a indiqué vouloir signer la vente le plus rapidement possible.

L’archidiocèse de Moncton a versé 10,6 millions de dollars pour indemniser 109 victimes d’agressions sexuelles qui se sont manifestées lors du processus de conciliation dirigé par Michel Bastarache entre 2012 et 2014. L’Église doit encore des millions de dollars à 29 victimes présumées qui n’ont pas participé au processus de conciliation.

«Nous sommes dans une situation financière très difficile et nous avons besoin de l’argent qui sortira de cette transaction», reconnaît Valéry Vienneau.

Selon lui, l’église est chère aux paroissiens, plus pour sa valeur sentimentale qu’en raison de la qualité de son architecture. «Même les prêtres qui l’ont fréquenté ne voient pas nécessairement sa valeur architecturale», avance-t-il.

Les résidents pourront faire entendre leurs doléances lors d’une consultation publique prévue le 1er avril.