Foyers de soins: le droit de grève suspendu jusqu’en avril

La grève dans les foyers de soins du Nouveau-Brunswick est évitée une fois de plus.

Le juge Raymond T. French a accepté jeudi avant-midi d’entendre l’appel de la province le 17 avril.

Le magistrat de la Cour d’appel a suspendu du même coup le droit de grève des travailleurs jusqu’à l’audience du mois prochain.

Les 4100 employés syndiqués de 46 foyers de soins ont voté à plus de 90% pour la grève le 7 mars. Une série de décisions judiciaires les obligent toutefois à continuer à travailler pour le moment.

La représentante de la partie patronale, la directrice générale de l’Association des foyers de soins du Nouveau-Brunswick, Jodi Hall, s’est réjouie de la décision du juge French à sa sortie du Palais de justice de Fredericton.

«Les employés des foyers de soins sont essentiels au confort et à la sécurité des résidents, alors nous sommes heureux qu’un arrêt de procédure ait été décrété. Il est extrêmement important pour nous que la priorité soit accordée aux résidents.»

Il s’agit d’un nouveau revers pour les syndiqués qui sont sans contrat de travail depuis 28 mois.

«Il va sans dire que nous sommes très déçus de la décision du juge French», a confié la présidente du Conseil des syndicats des foyers de soins du Nouveau-Brunswick, Sharon Teare.

Les syndiqués n’ont toutefois pas dit leur dernier mot, a-t-elle assuré.

«Nous allons continuer à nous battre. Nous sommes frustrés, mais nous ne sommes certainement pas battus.»

Le personnel des foyers de soins réclame de meilleurs augmentations salariale que les hausses de 1% par année proposées par le gouvernement de Blaine Higgs.

Le juge Raymond French a pris soin de souligner que sa décision d’autoriser l’appel n’est «pas un jugement sur les chances de succès» de cet appel.

Le mois prochain, la Cour d’appel devra déterminer si la juge Paulett Garnett a pris la mauvaise décision plus tôt cette semaine en refusant de suspendre une décision de la Commission du travail et de l’emploi du Nouveau-Brunswick sur la désignation des employés des foyers de soins comme des travailleurs essentiels.

La Commission a déterminé l’an dernier que la Loi sur les services essentiels dans les foyers de soins était inconstitutionnelle parce qu’elle prive les travailleurs de leur droit de grève.

La décision de la Commission ouvre la porte à une grève illimitée de la part des syndiqués des foyers de soins sans obligation d’assurer un service minimum pour les résidents.

Cette décision concernant la constitutionnalité de la loi fera l’objet d’une révision judiciaire en Cour du banc de la Reine le 24 mai.

La Cour d’appel doit quant à elle se prononcer seulement sur la validité de la suspension temporaire de la décision pour éviter le vide législatif.

Les négociations entre le syndicat, l’Association des foyers de soins et la province qui les finance ont été suspendues par le médiateur la semaine dernière en raison de l’absence de progrès.

La ministre du Développement social, Dorothy Shephard, a indiqué par écrit jeudi que la province était prête «à retourner à la table lorsque le médiateur recommandera la reprise des négociations.»

Les syndiqués souhaitent aussi reprendre les négociations même s’ils déplorent que leur principal moyen de pression, la grève, leur ait été enlevé.