Les bibliothèques publiques: un secret de moins en moins bien gardé

L’époque où les bibliothèques publiques étaient considérées par certains comme des endroits reculés, réservés à une certaine élite intellectuelle et dotés d’heures d’ouverture restreintes est bel et bien chose du passé.

Chiffres à l’appui, des représentants de la Bibliothèque Mgr-W.-J.-Conway d’Edmundston ont démontré que les bibliothèques publiques de la province comptent bon nombre d’adeptes issus de tout horizon et qu’elles sont plus que jamais présentes au cœur des communautés.

Un coup d’œil dans le «Grand livre» de la bibliothèque publique d’Edmundston permet de constater que 47 041 usagers ont arpenté cet endroit en 2018, soit l’équivalent d’un visiteur toutes les quatre minutes.

Ce taux de fréquentation, qui peut surprendre à première vue, n’est pas si étonnant que ça lorsqu’on s’attarde au nombre de détenteurs de la carte d’abonnement qui s’établit actuellement à 7767 personnes.

En fait, dans la région d’Edmundston et ses environs, une personne sur trois possède sa carte de bibliothèque.

Les employés ont été assez sollicités par les utilisateurs si l’on se fie à ces données qui indiquent que pas moins de 6000 questions ont été posées par ces derniers durant l’année.

Technologie, généalogie, utilisation d’internet et des réseaux sociaux comme Facebook et les traditionnelles suggestions de lecture ou de films à visionner ont meublé une bonne part des discussions entre les murs de la bibliothèque qui a été réaménagée dans l’église de l’ancienne paroisse Notre-Dame du Sacré-Cœur.

Loin de s’arrêter au simple prêt de livres et de films, la Bibliothèque Mgr-W.-J.-Conway a offert en 2018 un total de 765 activités qui ont réuni 8867 participants, soit une moyenne de deux différentes activités par jour.

«L’on parle d’activités qui s’adressent tant aux bébés qu’aux personnes de 90 ans et plus», tient à préciser Marc Cool, le directeur du haut lieu de culture et de savoir.

S’adressant aux élus de la Ville d’Edmundston qui étaient réunis mardi soir dans le cadre de la réunion publique mensuelle du conseil municipal, les promoteurs de la bibliothèque ont longuement insisté sur le fait que l’endroit est des plus inclusifs.

Ouvert tous les jours et certains soirs de la semaine, la bibliothèque est dotée de programmes d’intégration de personnes à besoins spéciaux et de documents accessibles pour ces derniers, de lieux de rencontre pour briser l’isolement ou pour travailler en groupe et accueille aussi quelques groupes de soutien et programmes de mieux-être.

Si ce n’est pas dans l’enceinte de son jardin extérieur de lecture, qui est ouvert par beau temps, et dans ses autres lieux récréatifs, ses activités s’étendent jusqu’à l’intérieur des murs de l’Atelier R.A.D.O. et même du Centre régional correctionnel de Madawaska, à Saint-Hilaire.

«Vous seriez surpris de la qualité littéraire des oeuvres qui sont empruntées par les détenus de la prison», raconte à ce sujet la bibliothécaire et chef de service, Tanya Eindiguer.

Bien de son temps, la Bibliothèque Mgr-W.-J.-Conway d’Edmundston propose actuellement l’exposition Canada: Jour 1, qui relate le vécu des nouveaux arrivants au Canada.

L’endroit propose lors des prochaines semaines différents ateliers d’art, de yoga, de fabrication de savon, une conférence sur la gestion responsable des déchets à la maison, des projections publiques et gratuites de films en plus de différentes autres activités quotidiennes.

Les plus avant-gardistes pourront peut-être même mettre la main sur un exemplaire du livre Cooking with cannabis sur place…