Santé mentale dans les écoles: une petite carte jaune qui a sauvé bien des vies

Marie a de la peine. Son chum l’a laissé pour une autre. Elle croit sa vie anéantie à jamais. Elle songe même à en finir… quand elle voit une petite carte jaune, au babillard de son école. Luc n’arrive plus à régler son problème de drogue. Ses notes chutent. Ses parents sont en colère. Sa vie semble un cul-de-sac avec une seule solution… quand il voit une petite carte jaune, au babillard de son école.

Cette petite carte jaune a sauvé bien des vies depuis 20 ans. Combien? C’est la question la plus fréquemment posée à Gérard Michaud, président du comité provincial du programme Le Maillon.

«Tout ce que nous désirons est d’établir un contact avec le jeune pour qu’il se sente à l’aise de se confier. Nous sommes là pour éviter justement que le jeune se rende jusqu’à l’acte. Des fois, il n’a besoin que d’être rassuré, de gérer l’anxiété et de faire face à la vie. Notre approche est informelle et nous sommes tous des ambassadeurs du Maillon. C’est ce qui fait sa magie.»

Le programme a été créé en 1999 dans la région de Grand-Sault, quelques années après que trois adolescents de la communauté se soient enlevés la vie. Il s’adresse aux élèves de la 6e à la 12e année et s’est rapidement étendu dans toute la province.

Presque toutes les régions ont un comité local et des accompagnateurs dans les écoles. Difficile de calculer le nombre de bénévoles, concède M. Michaud, mais dans le fond, il y en a autant que de personnes au Nouveau-Brunswick, «car nous faisons tous partie de cette chaîne», indique-t-il.

Cependant, il parvient difficilement à faire sa niche dans le Sud-Est. Aucune des écoles secondaires francophones du territoire offre le programme, une situation à laquelle tente de remédier le comité provincial depuis long­temps.

«Il y a des régions où ça prend plus de temps que d’autres. Est-ce en raison des services déjà en place qui font qu’on n’a pas nécessairement besoin du Maillon? Peu importe le service, l’important est d’être à l’écoute des jeunes», estime M. Michaud.

Des problèmes complexes

Au fil des années, les intervenants du programme Le Maillon ont noté une complexité des problèmes vécus par les jeunes. Si, au départ, ils pouvaient venir en aide pour contrer la dépression, ils doivent maintenant confronter la toxicomanie ainsi que des ennuis familiaux et des problèmes de santé mentale. À cela s’ajoute parfois l’intimidation et les relations parfois difficiles de l’adolescence.

Cet outil doit également composer avec les changements dans l’offre des services d’aide – le Programme de services intégrés (PSI) et Enfant-Jeunesse notamment – dans les écoles, ce qui a pour effet de compliquer un peu les choses. Cette période de réorganisation peut amener de la confusion chez les jeunes qui demandent du soutien, fait remarquer M. Michaud.

Autre question fréquemment posée: ne devrait-on pas rendre le programme obligatoire dans les écoles? Le président estime que le succès du Maillon parle de lui-même.

«Nous sommes davantage gagnants si nous montrons nos succès et améliorons le climat du mieux-être dans les écoles. Le succès est toujours plus fort que l’obligation. Par expérience, imposer quelque chose de la sorte ne dure jamais longtemps. En imposant, on enlève les actions du coeur et l’impact humain. Le Maillon a sauvé des vies et doit être vu comme une police d’assurance. On le voit quand il survient un incident dans une école; les cartes jaunes partent vite.»

Ces petites cartes jaunes qui peuvent faire une grande différence…

Le Maillon

Le District scolaire francophone Sud est en train de mettre en place le programme Le Maillon sur tout son territoire, a confirmé Ghislaine Arsenault, directrice des relations stratégiques.

«Le programme Le Maillon a été redémarré dans certaines régions de notre district cette année. Les élèves devraient en entendre parler très prochainement si ce n’est pas déjà fait», a-t-elle confié à l’Acadie Nouvelle.

Les régions de Miramichi, de Saint-Jean, de Fredericton et de Moncton-Dieppe ont actuellement un programme actif, ajoute la porte-parole. Le prochain secteur à cibler est celui de Kent.

«Il nous reste à procéder à la création d’un plan de mise en place, qui va être actif dans cette région d’ici septembre», mentionne Mme Arsenault.

DSF Nord-Ouest
Programme Fluppy (pour les maternelles): programme qui vise à prévenir l’apparition des problèmes d’adaptation sociale chez les enfants

Programme Pare-Chocs (pour les élèves du secondaire de l’école Marie-Gaétane de Kedgwick, offert en collaboration avec le Réseau de santé Vitalité): prévention de la dépression chez les adolescents

Formation chez les enseignants afin de pouvoir prodiguer des premiers soins en santé mentale pour les élèves de 12 ans et plus

Classes alternatives Le Vitrail: offrir une seconde chance à des élèves d’écoles secondaires qui apprennent mieux hors des cadres établis de l’école classique. Leurs apprentissages se font à travers un enseignement non traditionnel et dans un environnement permettant de répondre à leurs besoins spécifiques

DSF Nord-Est
Formations au niveau du personnel ASIST, SafeTalk, Santé mentale…

Présentation au niveau des ados SafeTalk, suicideTalk…

Comités pour jeunes, ligne anonyme, cartes personnalisées de référence, semaines de sensibilisation, colloques (intimidation et le sommet), journées thèmes, invités selon différentes thématiques, projets spéciaux…

Plan d’action et Interventions en petit groupe ou individuel (intervenant / membre Enfant-Jeunesse)

Plan commun de travail collaboratif

Ateliers pour parents / communauté

Plan de transition au secondaire (ECAA vol. 2)

Jeux de rôles au primaire

Développement des compétences (à venir)

Prévention et sensibilisation au niveau de différentes thématiques selon le besoin des écoles

Accès à différents programmes – Ex. Familles solides

Comité de prévention au niveau de chaque région

Programme de santé mentale positive (Ateliers offerts aux membres de notre personnel)

Premiers soins en santé mentale: plus de 150 membres du personnel des écoles et du district ont suivi une formation de deux jours. Le but est de déstigmatiser les troubles de santé mentale et savoir accompagner/diriger/réagir face à une personne aux prises avec des troubles de santé mentale.

Certaines écoles offrent également des sessions de yoga, des techniques de relaxations et de pleine conscience

DSF Sud
L’enseignement de la pleine conscience dès la maternelle

Cours de pleine conscience dans certaines écoles secondaires

Formation et accompagnement auprès du personnel au sujet de la diversité sexuelle et de genre et groupe de support parent-enfant

Formation de premiers soins en santé mentale

Formation ASIST/safeTalk

Sommet sur la santé mentale en collaboration avec des partenaires (prochain sommet en novembre)

Formation pour les élèves et le personnel sur la sécurité en ligne (cyberintimidation et autre)

Programme Le Maillon

Formation Santé mentale positive

Formation ÉMRV (évaluation de la menace et du risque de la violence)

Collaboration étroite avec les équipes enfants-jeunes pour les élèves qui auraient besoin d’interventions individuelles