Foyers de soins: l’offensive en faveur de l’arbitrage exécutoire se poursuit

Le dossier des foyers de soins a une fois de plus retenu l’attention, vendredi, à l’Assemblée législative. L’opposition officielle a réitéré son plaidoyer en faveur de l’arbitrage exécutoire. Le premier ministre a pour sa part maintenu sa position.

Lors de la période des questions, le chef de l’opposition officielle est revenu à la charge pour demander au premier ministre de faire appel à ce mécanisme afin de dénouer l’impasse.

Denis Landry a rappelé que le Parti libéral, le Parti vert et la People’s Alliance sont tous en faveur de l’arbitrage exécutoire pour régler ce conflit qui s’éternise. Ces trois partis détiennent la majorité des sièges à l’Assemblée.

Blaine Higgs – qui avait fermé la porte à l’arbitrage exécutoire la veille – n’a pas bronché. Il a défendu l’offre d’une hausse salariale de 1% par année, semblable aux offres acceptées par d’autres travailleurs des services publics.

Il a ensuite accusé le syndicat d’avoir manoeuvré, l’été dernier, afin de se positionner pour un éventuel arbitrage exécutoire – lors duquel les parties s’engageraient à respecter la décision d’un arbitre indépendant – en augmentant dramatiquement leurs demandes.

«Ç’a monté à 20% parce que l’espoir était que nous irions en arbitrage exécutoire et que l’arbitre dirait “oh, vous (les syndiqués) êtes à 20% et vous (la partie patronale) êtes à 4%, donc on va diviser la différence et ça va finir à 12%. Ce n’est pas une solution», a-t-il dit.

Après la période des questions, le chef de l’opposition officielle a avisé la Chambre qu’il déposera une résolution la semaine prochaine à ce sujet.

Les députés seront donc appelés à voter afin de dire s’ils souhaitent exhorter le gouvernement à fournir à l’Association des foyers de soins (soit la partie patronale, dont la majeure partie des revenus proviennent de la province) «l’assurance nécessaire pour qu’elle accepte de participer à l’arbitrage exécutoire pour régler ce conflit et en arriver à une entente collective».

Cette résolution, si elle est adoptée par une majorité de députés, n’aura pas de conséquences dramatiques, mais mettra de la pression sur le gouvernement afin de changer son fusil d’épaule sur la question de l’arbitrage exécutoire.

Rappelons que les quelque 4100 travailleurs de 46 foyers de soins de la province sont sans contrat de travail depuis 28 mois. Les négociations ont été suspendues il y a quelques jours par le médiateur.

Leur syndicat, le gouvernement et l’Association des foyers de soins ont croisé le fer à plusieurs reprises devant les tribunaux. La question en litige est à savoir si les travailleurs ont le droit de faire la grève.

À l’heure où l’on se parle, les travailleurs ne peuvent pas débrayer d’ici à la prochaine manche de la saga judiciaire, prévue le 17 avril. n