Une femme est décédée après une attente de 11 heures à l’Hôpital de Moncton

La soeur d’une femme qui a passé ses dernières heures à attendre dans une salle d’urgence de Moncton croit que l’attente a contribué à sa mort.

Donna Bordage soutient que Marianne Porter a attendu 11 heures à l’Hôpital de Moncton avant d’être vue.

Selon Mme Bordage, sa sœur a passé tout ce temps en colère. Elle gémissait de douleur.

«Elle avait du mal à respirer, elle était visiblement mal à l’aise, elle ne pouvait pas se lever, elle ne pouvait pas manger», a déclaré Mme Bordage.

Marianne Porter s’était rendue à l’hôpital samedi dernier pour ce qu’elle croyait être une hernie.

Les signes vitaux de Mme Porter étaient normaux, mais elle a été laissée dans la salle d’attente avec une douleur extrême et a attendu des heures avant d’être finalement vue, a déclaré sa sœur.

«Ils devaient faire des analyses de sang pour découvrir que (…) elle souffrait d’insuffisance rénale aigüe», a déclaré Mme Bordage à Global News.

Les médecins ont prodigué des soins sur sa sœur toute la nuit, mais ses reins ont finalement cédés et elle est décédée peu après 21 heures, dimanche.

Mme Porter avait 58 ans. Elle avait trois enfants.

Un porte-parole de la Régie régionale de la santé, Horizon n’a pas répondu à une demande d’entrevue.

Le Dr Serge Melanson, président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick et urgentologue à l’Hôpital de Moncton, a déclaré qu’il ne pouvait parler d’un cas spécifique.

Mais il a ajouté que la moitié des lits des urgences de l’Hôpital de Moncton sont parfois occupés par des personnes qui ne peuvent pas être transférées dans une unité ou un autre service en raison de la surpopulation.

«Je pense que c’est un exemple clair de la démonstration qu’il y a un coût humain réel à la réalité que nous vivons», a déclaré le Dr Melanson.

«Même si nous regardons les données sous forme de chiffres, de temps d’attente et de pourcentages d’heures de soins, par exemple, au bout du compte, ce sont nos patients et la communauté en général qui écopent lorsqu’on ne peut pas répondre à leurs besoins plus rapidement.»

Le Dr Melanson soutient que le service des urgences de l’Hôpital de Moncton ne respecte aucun de ses objectifs en matière de temps d’attente et qu’il commence à avoir des conséquences néfastes sur les patients et le personnel.

«En tant que médecin généraliste en exercice, je regrette beaucoup de voir des patientes attendre huit heures avant de me voir», a-t-il déclaré.

Mme Bordage pense que les responsables de l’hôpital ont fait tout ce qui était en leur pouvoir, mais que le surpeuplement avait contribué à la mort de sa sœur.

«Je ne pense pas que quiconque, en aucune circonstance, ne devrait rester assis dans une pièce pendant 11 heures avant de pouvoir voir un médecin», a-t-elle déclaré.