Chef par intérim du NPD à 21 ans!

Le Nouveau Parti démocratique du Nouveau-Brunswick a un nouveau chef par intérim. Il s’agit de Mackenzie Thomason, un militant de Fredericton âgé de 21 ans.

Le nouveau leader a été élu dimanche dernier, dans un hôtel de Miramichi, lors d’une réunion du conseil provincial du parti. Il a défait le seul autre candidat en lice, Chris Wanamaker, de Saint-Jean.

Il succède à Jennifer McKenzie, qui a démissionné à la fin février après s’être fait pousser vers la sortie par ses troupes.

Mackenzie Thomason est originaire de Tracy, une petite communauté au sud de Fredericton et est aujourd’hui établi dans la capitale, où il travaille chez UPS. Il n’est pas bilingue, mais dit apprendre le français.

Son passage à la tête du NPD du Nouveau-Brunswick sera de courte durée, puisque les membres ont voté à la fin février pour la tenue d’un congrès d’ici à 180 jours. Comme le parti doit donner un avis de quatre mois, l’événement devrait se tenir avant la fin de l’été.

«Le congrès à la direction aura lieu entre la fin juillet et la fin août. Je serai chef par intérim d’ici là», affirme-t-il en entrevue téléphonique avec l’Acadie Nouvelle.

Il précise qu’il n’a pas l’intention de se porter candidat à la direction, mais qu’il a l’intention de porter les couleurs du NPD lors des prochaines élections provinciales comme candidat. Il s’agira d’une deuxième expérience pour lui.

Le 24 septembre, il s’est présenté dans la circonscription de New Maryland-Sunbury. Le siège a été remporté par le progressiste-conservateur Jeff Carr. Mackenzie Thomason est arrivé cinquième, loin derrière, avec seulement 1,5% des votes.

Fermement ancré à gauche

Mackenzie Thomason est le nouveau chef par intérim du NPD du Nouveau-Brunswick. – Gracieuseté

Le NPD a été le théâtre d’importants changements de positionnement ces dernières années.

De 2011 à 2017, le parti a été tiré vers le centre par son chef, Dominic Cardy (qui est ensuite passé chez les progressistes-conservateurs).

Cela a causé des tensions intestines. Le NPD a ensuite récolté près de 13% des appuis lors des élections provinciales de 2014, mais n’a fait élire aucun candidat.

Lorsque Jennifer McKenzie lui a succédé, elle a ramené la formation plus près de ses racines, à la gauche du spectre politique. Lors des élections du 24 septembre dernier, elle a enregistré un score anémique, avec 5% des votes.

Le nouveau venu, Mackenzie Thomason, explique qu’il est tout à fait à gauche, idéologiquement parlant. Même plus que Jennifer McKenzie, dit-il.

«Je crois qu’il faut aller vers des services publics forts, une forte représentation syndicale et un gouvernement de gauche fort qui peut se battre pour les travailleurs et pour les gens du Nouveau-Brunswick. Je dirais que mes idées sont certainement à gauche du spectre.»

Lorsqu’on lui demande ce qui explique la piètre performance de son parti lors des dernières élections, il répond que lui et ses collègues n’ont pas pu se faire entendre comme il le fallait.

«On espérait récolter plus de votes et peut-être un siège à l’Assemblée. Mais ça nous a donné la chance de penser à ce que l’on a fait et apprendre de nos erreurs. Nous avons eu de la difficulté à connecter avec les électeurs et à nous assurer qu’ils savaient ce que nous proposions.»

Une commande de taille

Le Nouveau-Brunswick a connu son lot de jeunes politiciens. On n’a qu’à penser à Brian Gallant, qui est devenu le premier ministre à 32 ans en 2014. Ou à Bernard Lord quelques années plus tôt, à l’âge de 33 ans.

À 21 ans, Mackenzie Thomason redéfinit ce que l’on entend par «jeune politicien». Et pas à peu près. Il en est d’ailleurs tout à fait conscient.

«Je dois me prouver, parce que 21 ans c’est jeune. Mais je n’ai pas de problème à faire ça, je n’ai pas de problème à travailler fort pour que les gens comprennent que même si je suis jeune, je peux écouter et travailler avec les gens», dit-il.

Il espère se servir de son nouveau rôle pour lancer le message aux jeunes, qui sont désabusés à son avis.

«J’espère qu’en voyant un jeune de 21 ans devenir chef par intérim, des jeunes de 18 à 24 ans seront inspirés et qu’ils voient qu’ils peuvent et qu’ils doivent s’impliquer, qu’ils ont leur mot à dire dans la direction de la province.»