La génération Z a de mauvaises habitudes d’emprunt

Les personnes issues de la génération Z, soit celles nées à partir de 1995, auraient tendance à trop emprunter et à avoir de mauvaises habitudes de consommateurs, selon des experts en insolvabilité.

Un rapport récemment publié par l’agence d’évaluation du crédit TransUnion a levé le voile sur cette nouvelle génération de consommateurs, la première à vivre couramment l’expérience numérique et des achats en ligne.

À l’heure où le marché canadien de la consommation subit un changement dans le type d’emprunteurs qui entrent et quittent ce domaine, les consommateurs de la génération Z connaissent une croissance rapide dans cet univers du crédit, et ce même s’ils ne représentent que 7,7% de la population active du crédit au Canada.

Le même rapport dévoilait que la dette non hypothécaire moyenne de cette génération était la plus basse, à 7900$, mais qu’elle affichait un taux de délinquance élevé de 6,1%, en hausse de façon importante par rapport à l’année précédente.

Les experts estiment qu’il faut s’attendre à ce que ces consommateurs de la génération Z aient des taux de défaillance plus élevés que ceux du segment des milléniaux qui sont un peu plus âgés et qui détiennent une plus grande expérience du crédit.

«Les habitudes d’emprunt de la génération Z sont bien pires que celles que l’économie avait connues auparavant», affirme sans détour Jean Goguen, qui est syndic en insolvabilité chez Grant Thornton Limited.

«L’accès très facile et automatique aux nouvelles technologies et aux achats qui se font en quelques clics seulement contribue à ce phénomène», ajoute le spécialiste du redressement financier de Moncton.

Selon lui, l’accès toujours plus facile au crédit et une mauvaise planification financière guettent en tout temps cette nouvelle tranche de consommateurs avide des achats rapides.

L’entreprise qu’il représente dit avoir constaté une hausse du nombre de clients qui ont trop emprunté et qui ne sont pas en mesure de rembourser leur paiement minimum mensuel.

«On espère toujours voir une meilleure planification financière de la part des jeunes et une meilleure éducation sur la gestion du crédit», a indiqué Jean Goguen.

«J’ai l’impression qu’on s’aperçoit moins du coût réel d’un achat lorsqu’il est effectué en ligne plutôt qu’en personne et avec de l’argent comptant», illustre-t-il.

La dette moyenne (non hypothécaire) des consommateurs au Nouveau-Brunswick s’établit actuellement à 23 677$ selon TransUnion, soit quelques milliers de dollars de moins que le solde moyen de la dette qui devrait s’établir à la fin de l’année 2019 à 31 000$ pour les Canadiens.

«Les consommateurs doivent vivre selon leurs moyens pour éviter de  recourir à l’emprunt pour couvrir leurs coûts supplémentaires. Il faut faire des mathématiques pour éviter à la fin de la soirée que les dépenses dépassent les revenus gagnés», résume simplement le syndic en insolvabilité.

De l’avis de Jean Goguen, les nouvelles applications mobiles des institutions financières permettent de faciliter la saine gestion des finances personnelles et de faire un suivi étroit des dépenses effectuées au quotidien.