Prothèses mammaires: des survivantes du cancer réclament l’aide de Fredericton

Des survivantes du cancer du sein de la Péninsule acadienne demandent à la province de couvrir les coûts nécessaires liés à l’achat et au remplacement de prothèses mammaires. Ces prothèses sont souvent une option pour les femmes ayant subi une intervention chirurgicale à la suite d’un cancer. Une pétition circule actuellement dans la région.

La pétition a été lancée par Mireille Savoie, présidente du Mouvement Action-Revivre, un groupe de soutien pour les femmes touchées par le cancer du sein dans la région du Grand Caraquet.

Concrètement, la pétition demande que les femmes bénéficient d’une couverture complète à la suite d’un cancer du sein. Plus d’une centaine de personnes ont apposé leur signature pour soutenir la cause. Mireille Savoie compte bientôt visiter des lieux publics typiquement fréquentés par les femmes pour récolter plus de signatures.

Selon le site internet du ministère du Développement social, un programme a été mis en place pour subventionner l’achat de prothèses mammaires et des soutiens-gorges aux personnes admissibles. Le programme ne couvre pas leur remplacement, qui se fait généralement aux deux ans.

Le programme d’assurance-maladie provincial couvre cependant les frais de certaines procédures de reconstruction mammaire à la suite d’un cancer du sein.

De son côté, le Mouvement Action-Revivre bénéficie notamment du soutien financier des Religieuses Hospitalières de St-Joseph, qui offre un don de 5000$ par année et d’autres dons provenant de la communauté.

À l’heure actuelle, la majorité des survivantes du cancer du Grand-Caraquet qui ont besoin d’une prothèse se rendent dans la boutique Joséphine Lingerie Fine, à Caraquet, qui en vend.

Chaque prothèse peut coûter jusqu’à 450$ et un complément mammaire, jusqu’à 250$, explique Mireille Savoie.

«Il y a des femmes qui arrivent à la boutique et qui voudraient avoir la prothèse, mais qui n’ont pas les moyens. On peut les aider à payer la première fois. L’an dernier, nous avons offert des prothèses à 10 femmes. Si tu prends 10 femmes et tu multiplies ça par 450, ça commence à te faire un beau petit montant.»

Il y a quelques années, Mireille Savoie a elle-même été atteinte d’un cancer du sein, mais elle se compte parmi les chanceuses.

«Je n’ai pas eu à subir une ablation des seins. Les médecins ont retiré la partie touchée par le cancer.»

Peu après, elle a commencé à s’impliquer au sein du Mouvement Action-Revivre. Selon Mireille Savoie, l’estime de soi des femmes touchées par un cancer du sein est souvent atteinte à la suite d’une intervention chirurgicale.

«Je me suis dit que j’étais chanceuse de ne pas avoir me battre pour une prothèse. Quand t’es une femme, les seins sont importants. Ils font partie de ta personne. Quand ils sont retirés, c’est ton corps comme tel qui est touché. Il y a des femmes qui n’acceptent plus de se regarder dans le miroir.»

Selon la Société canadienne du cancer, 26 300 femmes au pays ont reçu un diagnostic de cancer du sein en 2017. La maladie a eu raison d’un autre 5000 femmes. Le Mouvement Action-Revivre compte à l’heure actuelle 185 membres, tous des survivantes. Certaines d’entre elles sont assez jeunes et âgées seulement dans la vingtaine et la trentaine.

«J’ai croisé deux jeunes femmes chez Joséphine Lingerie dernièrement. Elles m’ont dit que si elles avaient le cancer du sein et qu’elles devaient les faire retirer, que ça leur empêcherait de vivre. Elles ont dit, “Mes seins sont importants. Ils me permettent de me sentir comme une femme”.»

Si l’achat de prothèses est éventuellement couvert par la province, Mme Savoie espère utiliser les dons reçus pour organiser d’autres services et activités pour les membres de l’organisme.