Chapiteau de Tracadie: des citoyens accusent un conseiller d’être en conflit d’intérêts

Le conseiller municipal Jean-Yves McGraw se place-t-il en conflit d’intérêts ou en apparence de conflit d’intérêts lorsque le sujet du chapiteau de spectacles de la Municipalité régionale de Tracadie vient sur la table? Pour le principal intéressé, non. Pour certains citoyens, oui.

Le ton a monté après la réunion du comité plénier de la MRT, mercredi soir. Le maire Denis Losier et des conseillers ont été vivement interpellés par quelques personnes sur les interventions de M. McGraw dans ce dossier controversé. Il a même été question d’aller porter plainte à la GRC.

M. McGraw est le père de Maxime McGraw, chanteur des Gars du Nord – avec Wilfred Lebouthillier – et l’un des six artistes du Groupe du chapiteau, qui cherche à conserver et à utiliser cette structure à Tracadie pour y organiser des spectacles.

Le maire a notamment dû calmer les esprits, rappelant la règle que c’est au conseiller de déclarer un conflit d’intérêts sur un point à l’ordre du jour d’une réunion.

M. McGraw affirme n’avoir jamais franchi la ligne mercredi soir. Il a indiqué que le point à l’ordre du jour parlait des demandes de la Société culturelle des Tracadilles et que les discussions qui ont suivi portant sur le chapiteau n’ont pas été apportées par lui.

«Ce n’est pas moi qui ai parlé de la lettre du groupe d’artistes. Nous n’avons pas débattu de sommes d’argent non plus. Le point portait sur la location des chapiteaux aux DSL et à la Société culturelle des Tracadilles. Il n’était pas question de la lettre jusqu’à ce qu’un conseiller l’apporte dans la discussion. Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent, mais selon moi, je n’étais pas en conflit d’intérêts. Si le point à l’ordre du jour avait porté sur la lettre du Groupe du chapiteau, j’aurais déclaré un conflit d’intérêts.»

M. McGraw admet que l’apparence peut être plus forte de la réalité. Il revient à l’interprétation de chacun de s’en faire une idée, ajoute-t-il. Et pour lui, ces soupçons ne sont pas nouveaux, car il est l’une des personnes visées dans l’enquête de la GRC portant sur de possibles conflits d’intérêts à la MRT.

Maxime McGraw s’est dit désolé de voir jusqu’où est rendue cette histoire.

«C’est dommage et ça commence à peser lourd, a admis l’artiste. Mon père m’a déjà dit qu’il se retirerait s’il y avait un vote concernant le chapiteau et notre groupe. De toute façon, mon père est majeur et vacciné, il est assez intelligent pour savoir s’il est en conflit d’intérêts et ce n’est pas moi qui l’influence dans ses décisions. Je ne suis qu’un simple citoyen qui veut garder le chapiteau à Tracadie. C’est mesquin de penser qu’il est là pour m’aider à faire des spectacles.»

La Municipalité régionale de Tracadie prévoit organiser une rencontre avec divers intervenants culturels et économiques de la ville afin de trouver des pistes de solution. Cependant, le maire Denis Losier a rappelé qu’il n’y a aucune somme disponible à la Ville pour s’occuper de la manutention de la structure, comme le demande pourtant le Groupe du chapiteau.

Non à l’entretien des routes des anciens DSL

Pas d’argent, pas d’agrément, dit-on. Dans le cas de la Municipalité régionale de Tracadie, c’est plutôt pas d’argent, pas de routes des DSL à s’occuper.

Le maire Denis Losier et les conseillers se sont unis pour aviser par lettre le ministère de l’Environnement et des Gouvernements locaux de ne pas transférer à la Ville la gestion de plus de 200 kilomètres de routes dans la DSL. Une rencontre est d’ailleurs demandée avec les autorités gouvernementales.

C’était un point du projet Ensemble vers l’avenir. Le document informait que «le ministère des Transports et de l’Infrastructure continuerait, à partir du District de Bathurst, à faire l’entretien en été et en hiver des routes de tous les anciens DSL aussi longtemps que la municipalité régionale le trouvera bénéfique et préférable. De plus, le MTI assurerait la réparation des routes qui ne sont pas en bonne condition dans un délai de huit ans».

Ça fait bientôt six ans que le regroupement est en fonction et, selon le maire, Fredericton n’a toujours pas respecté sa part du contrat. Plusieurs routes dans les DSL sont en mauvais état et celles qui ont été réparées ne l’auraient pas été convenablement.

Il craint que le gouvernement Higgs, dans la foulée des compressions budgétaires, revienne à la charge auprès de la MRT.

«Si Fredericton ne nous donne pas d’incitatifs, on ne veut pas avoir ces routes, a lancé le maire. On ne veut pas transférer la facture à nos citoyens.»

M. Losier soutient qu’avec un budget de 14,8 millions $, il est impossible de s’occuper de plus de 510 km de route sur l’ensemble du territoire de la MRT. Un transfert de responsabilité de la part de la province placerait la ville dans une situation financière très précaire, craint-il, en laissant entrevoir une hausse de plus de 1$ par 100$ d’évaluation de la taxe foncière.

«L’entente avec Ensemble vers l’avenir parle d’un transfert des routes lorsqu’elles seront remises à niveau à 100%. C’est un cadeau empoisonné. Nous sommes rendus à l’étape d’une résolution du conseil, et pas seulement du maire, afin de freiner ça. On a déjà de la misère à s’occuper des routes de l’ancienne municipalité de Tracadie-Sheila. La prochaine étape sera l’appui de la population au conseil municipal. Nous sommes prêts à aller aussi loin que nous le pourrons», a signalé le maire.