Foyers de soins: les travailleurs sont en colère contre l’Alliance

Les travailleurs des foyers de soins du Nouveau-Brunswick sont en colère contre les députés de l’Alliance des gens. Ils les accusent d’avoir dénaturé une motion du Parti libéral qui demandait au gouvernement d’aller en arbitrage exécutoire.

Les syndiqués qui sont sans contrat de travail de 28 mois avaient bon espoir que la motion serait adoptée puisque les trois partis d’opposition avaient déjà manifesté leur appui envers l’arbitrage exécutoire.

Le parti du premier ministre Blaine Higgs, qui ne veut pas aller en arbitrage exécutoire, est minoritaire à l’Assemblée législative.

Lors du débat sur la motion, jeudi après-midi, le chef de l’Alliance, Kris Austin, a déposé un sous-amendement pour que l’arbitrage se déroule seulement «selon des termes et des conditions acceptables pour toutes les parties».

Selon Sandy Harding du Syndicat canadien de la fonction publique, cette modification est comme donner un droit de veto au gouvernement en cas d’arbitrage exécutoire.

«L’Alliance des gens, qui s’était engagée en public pour l’arbitrage exécutoire, a déposé un sous-amendement qui rend essentiellement l’arbitrage exécutoire nul et non avenu», a-t-elle dit.

«C’est clair pour nous que le premier ministre Higgs a demandé à l’Alliance de changer d’avis et nous voilà à nouveau laissés pour compte.»

«M. Austin est clairement la marionnette de M. Higgs», a constaté la représentante des travailleurs.

L’allianciste Rick DeSaulniers a défendu le sous-amendement de son chef en disant que les parties ne devaient pas s’engager dans l’arbitrage exécutoire avec une «vision télescopique».

«Il faut s’entendre sur certains paramètres avant d’aller quelque part. Il faut être d’accord sur certaines choses avant d’arriver à une entente.»

Le président de l’Assemblée a coupé court au débat à 18h sans que les élus aient eu la chance de voter sur la proposition de l’Alliance ou sur la motion en tant que telle.

Les motions n’ont pas force de loi et rien n’oblige le gouvernement à les respecter même si elles sont adoptées par une majorité de députés.

La libérale Lisa Harris a elle aussi accusé l’Alliance des gens d’être à la solde du gouvernement progressiste-conservateur.

«C’est la preuve que l’Alliance ne soutient pas les aînés qui vivent dans les foyers de soins. Ils ne soutiennent pas les travailleurs. Ils soutiennent le gouvernement Higgs un point c’est tout.»

«Si je comprends bien, il n’y aura pas d’arbitrage exécutoire. C’est ça l’effet (du sous-amendement). Ils ne devraient pas avoir de conditions préalables. Ils ne s’entendront jamais et il n’y aura pas d’arbitrage», a ajouté son collègue Guy Arseneault.

Le premier ministre Higgs a quant à lui volé au secours de la proposition de l’Alliance. À son avis, celle-ci aurait permis de faire de l’arbitrage exécutoire un processus plus large qu’une simple question salariale.

«L’arbitre devrait alors penser de façon réaliste aux problèmes auxquels notre province est confrontée. Nous n’avons pas encore eu de vraies discussions sur tous les problèmes. On parle seulement de salaire.»

Les syndiqués ont fait preuve jusqu’ici de «peu ou pas d’intérêt à s’attaquer aux vrais défis qui affectent les foyers de soins comme la difficulté à trouver des gens pour travailler, les congés de maladie, l’absentéisme, les heures de soins… Tous ces éléments sont réels et nous sommes assis ici à seulement parler de salaires», a déploré le chef du Parti progressiste-conservateur.

Puisque l’Assemblée législative suspend ses travaux ordinaires vendredi pour cinq semaines, les députés ne pourront pas débattre à nouveau de la motion libérale avant le 9 mai au plus tôt.