Le budget provincial adopté par une seule voix de majorité

Le gouvernement minoritaire du premier ministre Blaine Higgs a réussi à faire adopter son premier budget, vendredi, malgré l’absence de l’un de ses députés grâce à l’appui de l’Alliance des gens.

Le soutien des trois députés du petit parti populiste de droite a à peine suffi à assurer la victoire aux progressistes-conservateurs lors du vote qui s’est terminé à 24 contre 23.

M. Higgs a précisé que son ministre des Affaires intergouvernementales, Gregory Thompson, était absent pour des raisons personnelles, sans donner plus de détails. M. Thompson devrait cependant être de retour dès la semaine prochaine, a-t-il dit.

Les députés du Parti libéral et du Parti vert ont voté contre le budget du ministre des Finances Ernie Steeves.

L’Alliance des gens a promis après les élections de septembre de soutenir les progressistes-conservateurs pendant au moins 18 mois pour assurer la stabilité du gouvernement.

En cas d’égalité, le président de l’Assemblée législative, Daniel Guitard, aurait été obligé de trancher.

Même si M. Guitard a été élu sous la bannière libérale, la tradition parlementaire veut en général que le président vote pour le statu quo, ce qui aurait voulu dire pour le budget afin d’éviter la chute du gouvernement.

Le budget 2019-2020 prévoit un léger surplus de 23 millions $ et une réduction de la dette nette de 49 millions $.

Des compressions dans le ministère du Tourisme, dans celui de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail et dans certains postes budgétaires du ministère du Développement social sont notamment à l’ordre du jour.

«Ce n’était peut-être pas le budget que certains Néo-Brunswickois voulaient, mais c’est le budget dont le Nouveau-Brunswick a besoin. C’est le budget que nous avons les moyens de nous payer. C’est un budget qui commence à réparer le Nouveau-Brunswick», a déclaré Blaine Higgs

«C’est la meilleure façon de dépenser moins en paiement de la dette et d’investir plus dans les services essentiels comme les soins de santé, l’éducation et nos programmes sociaux.»

Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances, le député Roger Melanson, affirme que son parti a voté contre le budget parce qu’il laisse trop de gens au dépourvu.

«C’est un bon budget pour les grandes corporations, mais c’est un budget qui est très difficile sur les gens les plus vulnérables de la société», a-t-il dit.

Le chef du Parti vert, David Coon, parle quant à lui d’un budget qui ne fait que maintenir le statu quo.

«Le budget offre très peu pour les Néo-Brunswickois qui sont préoccupés par la crise dans les soins de santé, la santé mentale, les soins à domicile et les soins des aînés. Le budget n’offre rien à la jeunesse qui est préoccupée par l’urgence climatique.»

Des élections précipitées?

Même si le budget ne contient pas de réduction du fardeau fiscal des contribuables comme il le revendique, le leader de l’Alliance des gens, Kris Austin, se réjouit au moins du surplus budgétaire et de la diminution de la dette.

«Ce n’est un pas un budget qui va changer le monde, mais ce n’est pas un budget contre lequel ça vaut la peine d’aller en élections.»

Les libéraux et les verts étaient-ils, eux, à faire tomber le gouvernement? La réponse n’est pas claire.

«Le gouvernement à la responsabilité d’avoir suffisamment de votes pour gagner. Dans une situation comme celle que vous suggérez, nous prendrions une décision à ce moment-là. Mais aujourd’hui, quand nous avons décidé de voter contre le budget, c’était parce qu’il est vraiment dur pour les plus vulnérables de la société», a répondu Roger Melanson.

«Je connaissais le nombre (de députés présents) alors ça ne m’a pas inquiété», a dit David Coon.