Une entreprise de Charlo intente une poursuite contre une firme de Moncton

Une entreprise de Charlo, HIL Group, allègue qu’elle s’est fait soutirer 100 000 $ par une société de Moncton qui se spécialise en finance. Une poursuite a été déposée en Cour du Banc de la Reine. L’Acadie Nouvelle a obtenu les documents. Compte rendu.

Tout ce qui suit est la version des faits de la poursuite. Rien n’a encore été prouvé en cour. Le défendeur, VM Venture Management Corp., n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue.

HIL Group allègue avoir été approché par Daniel Bard de VM Venture, en février 2016, afin de savoir si l’entreprise était intéressée à investir dans la conception et la commercialisation d’un bioréacteur qui pourrait transformer de la biomasse en biocarburant.

«Le plaignant a exprimé un certain intérêt dans cette opportunité d’investissement», peut-on lire dans l’avis de poursuite.

HIL Group aurait alors accepté d’avancer 100 000$ à VM Venture en deux versements. Avec ces fonds, l’entreprise de Moncton s’était engagée à obtenir un prêt sans recours de 4 millions $ pour la compagnie de Charlo.

Ces millions $ devaient aider HIL Group à investir dans une technologie espagnole de bioréacteur pour l’implanter au Nouveau-Brunswick. Or, selon l’avis de poursuite déposée le 21 février, HIL Group n’a jamais reçu le prêt.

Entre octobre 2016 et février 2017, l’entreprise de Charlo a bel et bien reçu des mises à jour concernant le processus de financement lui laissant croire que le projet irait de l’avant.

Le tout s’est vraiment compliqué lorsque le plaignant a demandé des documents prouvant qu’une demande de financement avait été faite.

«Le 3 mars 2017, après avoir demandé, mais sans avoir reçu de la documentation concrète prouvant que le financement irait effectivement de l’avant, le plaignant a donné au défendeur un avis affirmant qu’il demandait que la somme de 100 000$ lui soit remboursée», lit-on dans l’avis de poursuite.

VM Venture aurait signalé à HIL Group que les 100 000$ lui seraient remboursés. À ce jour, l’entreprise n’a jamais revu la couleur de son argent.

L’entreprise de Charlo réclame donc, devant la Cour du Banc de la Reine, d’être remboursée, avec intérêts.

Hervé Auclair, un représentant de HIL Group, a décliné notre demande d’entrevue en soulignant qu’il ne pouvait émettre un commentaire pour le moment puisque l’affaire est devant les tribunaux.

Les bureaux de VM Venture, sur la rue Main à Moncton, sont vides. L’entreprise soutient, sur son site Web, offrir différents services financiers, dont du financement et du rehaussement de crédit. VM Venture n’est cependant pas enregistrée auprès des Autorités canadiennes en valeurs mobilières.

Il faut noter que, selon l’avis de poursuite, des représentants des deux entreprises ont voyagé en Espagne en janvier 2017 afin de rencontrer des entrepreneurs impliqués dans le développement d’un bioréacteur.

VM Venture n’a toujours pas déposé un exposé de la défense auprès de la Cour du Banc de la Reine. Une entreprise ou une personne qui fait l’objet d’un avis de poursuite a de 20 à 60 jours pour y répondre.

L’entreprise de Moncton a également été ordonnée par la Cour du Banc de la Reine, en 2016, à payer un employé près de 35 500$ dans le cadre d’une poursuite en lien avec la Loi sur les normes de l’emploi du Nouveau-Brunswick. Selon les documents de la cour, VM Venture s’est acquitté de cette somme.

VM Venture Management Corp a par ailleurs été dissoute en 2016, selon la Gazette royale. L’entreprise a été reconstituée en 2017.