Moncton déclare l’état d’urgence climatique

À l’unanimité, les conseillers de Moncton ont approuvé, lundi, la signature de la Déclaration citoyenne universelle d’urgence climatique.

Moncton emboîte ainsi le pas à Vancouver, à Halifax, à Hamilton, à Kingston et à plusieurs centaines d’autres municipalités au pays qui ont rejoint le mouvement au cours des dernières semaines.

Au Nouveau-Brunswick, la Ville d’Edmundston a été la première à ratifier ce texte, au mois de février.

La Déclaration citoyenne universelle d’urgence climatique, rédigée et promue par un groupe de militants environnementalistes, réclame la réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre et une transition vers une société carboneutre.

Elle détaille les conséquences qu’aurait l’inaction sur la santé publique, la performance économique ou encore la sécurité.

«Nous, citoyennes et citoyens, déclarons que seules la reconnaissance de l’état d’urgence climatique et la mise en place de plans de transition d’urgence peuvent contrer un effondrement économique, une crise de santé publique, une pénurie alimentaire mondiale, un anéantissement de la biodiversité et des crises de sécurité nationales et internationales d’ampleur sans précédent.»

Agir pour le climat

Signer une telle déclaration ne doit pas rester qu’une mesure symbolique, insiste le conseiller Boudreau, à l’origine de cette initiative.

Plusieurs municipalités ont adopté un décret non contraignant qui n’oblige en rien la ville à agir. Moncton, en revanche, se donne pour objectif de réduire drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre pour atteindre une empreinte carbone nette nulle avant 2050.

La résolution donne également un an au personnel municipal pour proposer une série de «nouvelles interventions» et «relever les ambitions ou accélérer les délais des interventions existantes».

En ratifiant ce texte, le conseil municipal invite aussi le gouvernement fédéral et la province à appuyer la ville dans ses efforts consacrés à l’urgence médiatique.

Les principes portés par cette déclaration devront être pris en compte lors des futures prises de décision, insiste Pierre Boudreau.
«Le statu quo est inacceptable, tout comme une déclaration qui ne serait pas suivie d’action serait insignifiante. Une telle décision n’est pas facile mais elle est nécessaire. Agir pour le climat n’a rien de radical, c’est le travail le plus responsable que nous pouvons engager. Il est crucial d’agir dès maintenant.»

Selon lui, les municipalités doivent être à l’avant-garde de la lutte contre les changements climatiques.

«Les solutions doivent venir d’en bas, souligne-t-il. Les municipalités sont très conscientes des défis et des opportunités en matière d’environnement, et sont bien placées pour résoudre les problèmes.»

Plusieurs citoyens ont assisté à la réunion pour encourager les élus à prendre des engagements forts en matière de lutte contre les changements climatiques. Lise Éthier était du groupe.

«Nous n’avons pas 50 ans, a-t-elle lancé. Il faut que des choses se passent dans les 10 prochaines années et la municipalité doit embarquer dans le mouvement. On est mieux d’avancer maintenant plutôt que d’être forcés de le faire en catastrophe!»

La résolution a finalement été approuvée par l’ensemble des conseillers, sous les applaudissements du public.