Wilson-Raybould et Philpott expulsées du caucus libéral

L’ex-ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, et l’ex-présidente du Conseil du Trésor, Jane Philpott, ont été expulsées du caucus libéral mardi soir, a annoncé le premier ministre Justin Trudeau.

Il a fait cette annonce en début de soirée, après qu’un caucus spécial eut été convoqué justement pour statuer sur le sort des deux élues.

Mme Wilson-Raybould avait démissionné du cabinet un mois après un remaniement ministériel l’ayant fait passer du ministère de la Justice à celui des Anciens Combattants, en disant qu’elle avait été écartée pour ne pas avoir empêché des poursuites criminelles contre SNC-Lavalin, une intervention qu’elle ne voulait pas faire, estimant qu’il s’agissait d’ingérence politique. Quant à Jane Philpott, elle avait quitté son poste de présidente du Conseil du Trésor, en solidarité avec sa collègue, et parce qu’elle disait avoir perdu confiance envers le gouvernement.

Mardi soir, le premier ministre a déclaré que si après des heures de témoignages en comité, et après plusieurs conversations, les deux ex-ministres ne peuvent dire qu’elles ont confiance en l’équipe, « alors elles ne peuvent faire partie de cette équipe ».

« La confiance qui avait existé auparavant entre ces deux personnes et notre équipe a été brisée », a déclaré M. Trudeau devant les membres de son caucus.

« C’est pourquoi j’ai pris la décision de les exclure. »

Il a aussi fortement écorché son ex-procureure générale pour avoir enregistré – à son insu – l’ancien greffier du Conseil privé, Michael Wernick. Dans cette conversation, il était question de la décision de Mme Wilson-Raybould de ne pas se servir d’une mesure disponible dans la loi, qui aurait permis à la firme de génie d’éviter un procès criminel.

« Si un politicien enregistre secrètement une conversation avec qui que ce soit, c’est mal. Quand ce politicien est un ministre qui enregistre secrètement un fonctionnaire, c’est mal. Et quand ce ministre est le procureur général qui enregistre secrètement le greffier du Conseil privé, c’est inadmissible », a dit M. Trudeau.

Cet enregistrement fait à l’insu de Michael Wernick semblait être la goutte qui a fait déborder le vase pour plusieurs députés libéraux.

Sur son compte Twitter, l’ex-ministre de la Justice a précisé qu’en plus de son expulsion du caucus, elle ne pourra pas être candidate du Parti libéral dans son actuelle circonscription de Vancouver Granville aux prochaines élections.

Plus tôt mardi, Mme Wilson-Raybould tentait encore d’éviter une expulsion du caucus libéral, écrivant une lettre à ses collègues députés.

Dans le texte de deux pages, elle disait comprendre la colère et la frustration de ses collègues, ajoutant qu’elle est tout aussi en colère.

« Je suis en colère, blessée et frustrée parce que je crois que je défendais les valeurs que nous nous sommes tous engagés à défendre. En donnant le conseil que j’ai donné, en posant les gestes que j’ai posés, j’essayais d’éviter au premier ministre et au gouvernement un terrible bourbier », écrit-elle au sujet de ses actes dans l’affaire SNC-Lavalin.