De meilleures chances d’obtenir un permis pour les chasseurs d’orignaux malchanceux

Le gouvernement provincial entend apporter sous peu des changements au niveau de la formule du tirage au sort pour la licence de chasse à l’orignal destinée aux citoyens du Nouveau-Brunswick.

Et ces changements, dit-on, devraient grandement améliorer les chances des chasseurs n’ayant pas eu la main heureuse depuis de nombreuses années.

Au Nouveau-Brunswick, on recense annuellement environ 60 000 demandes pour les quelque 4000 permis de chasse à l’orignal. En gros, il y a donc quinze fois plus de demandes que de permis disponibles. Ajouter à cela le hasard du tirage, pas surprenant que certains chasseurs attendent depuis des années l’arrivée de leur tour.

Ministre de l’Énergie et des Ressources, Mike Holland est un grand amateur de plein air, notamment de la chasse. Il avoue que l’une des plaintes qu’il entendait le plus souvent de la part des chasseurs touchait les délais d’attente pour remporter leur permis pour l’orignal.

«Dans plusieurs cas, on parle de nombreuses années, et certains même ne l’ont jamais obtenue. On se devait de repenser le système afin qu’il soit plus équitable et donner de meilleures chances à ceux qui patientent depuis longtemps», exprime M. Holland.

Dans les faits, on parle ici d’ajouter des billets supplémentaires dans le tirage pour les participants n’ayant pas obtenu leur licence depuis plusieurs années consécutives.

«Dans certains cas, on parle d’une augmentation des chances de réussites pouvant aller jusqu’à 30%. C’est considérable et selon moi, un pas énorme dans la bonne direction», indique le ministre.

Il serait aussi question d’obliger les chasseurs qui postulent pour une licence à posséder un cours de sécurité ou une équivalence en expérience. Cette mesure devrait réduire d’environ 14 000 le nombre de demandes, ce qui devrait aussi contribuer à améliorer les chances de succès.

«Ça ne veut pas dire que tous les chasseurs qui attendent depuis des années leur permis vont l’obtenir, mais ces mesures vont certainement aider», indique M. Holland.

Le ministre précise par ailleurs qu’il n’est pas question ici de hausser le nombre de permis pour la chasse à l’orignal, mais uniquement de réviser la façon servant à octroyer les licences.

«Il y a des gens pour qui la solution passe par l’augmentation du nombre de permis pour la chasse à l’orignal, mais ce n’est pas l’avenue que nous voulons emprunter. Actuellement, le cheptel d’orignaux dans la province est en bonne santé, il est bien géré. Je ne voudrais en aucun cas compromettre cela. Je préfère trouver une façon plus créative de donner aux gens l’opportunité de chasser tout en m’assurant que la ressource est adéquatement protégée», ajoute le ministre.

Les changements ne sont pas encore en vigueur, mais ils devraient être prêts à temps, assure-t-on, pour le tirage de la prochaine saison de chasse (cet automne).

«On parle ici de changements à la réglementation, donc ils font l’objet d’une révision. Nous n’avons pas encore reçu de commentaires formels, mais de ce que l’on peut lire jusqu’ici par la communauté des chasseurs ainsi que sur les médias sociaux, ce sont des réactions très positives», indique le ministre.

Échos positifs

Les changements préconisés par le ministère de l’Énergie et des Ressources ne constituaient pas une demande formelle de la Fédération de la Faune du Nouveau-Brunswick. Il s’agissait plutôt d’un souhait de sa part. Leur annonce est donc particulièrement bien accueillie au sein de l’organisation.

«On ne connaît pas encore tous les détails, mais ça semble intéressant. L’objectif du ministère de vouloir offrir plus de chances aux chasseurs apparaît définitivement comme une mesure positive», indique son président, Charles Leblanc, loin d’être contre l’idée de dépoussiérer la méthode de tirage.

Lui-même grand amateur de chasse, il a obtenu sa licence pour l’orignal l’année dernière. Il s’agissait de son premier permis en 24 ans.

«La dernière fois que je l’avais obtenu, c’était en 1994. C’est dire à quel point ça peut être frustrant pour un chasseur», exprime-t-il.