Le dégriffage des chats bientôt banni au N.-B.

Les membres de l’Association des médecins vétérinaires du Nouveau-Brunswick ont décidé de bannir le dégriffage des chats.

À compter du 1er juillet, l’onyxectomie, c’est-à-dire l’ablation totale de la griffe et l’amputation de la troisième phalange des pattes avant des félins, ne sera plus pratiquée dans la province.

Le Nouveau-Brunswick rejoindra ainsi la Nouvelle-Écosse qui a été la première à proscrire la procédure, il y a un an. Depuis, l’Alberta et la Colombie-Britannique, Terre-Neuve-et-Labrador et l’Île-du-Prince-Édouard ont suivi le mouvement.

L’Association des médecins vétérinaires du Nouveau-Brunswick (AMVNB), qui réglemente l’activité des 212 vétérinaires de la province, s’est penchée samedi sur cette intervention controversée lors d’une réunion spéciale. Le nouveau règlement a été adopté par une large majorité.

«Nous avons eu de très bonnes discussions et la résolution a finalement été adoptée telle qu’elle avait été présentée. L’inquiétude principale concernait le bien-être des chats», mentionne le directeur général et registraire de l’association, Dr George Whittle.

L’amputation de la dernière phalange des chats ne sera désormais possible que si elle est médicalement nécessaire. «Ça peut être dans le cas d’une tumeur, d’un traumatisme ou d’une infection», précise le vétérinaire.

Certains professionnels craignaient qu’une interdiction mène à davantage d’abandons et à un débordement des refuges, ajoute-t-il. En effet, de nombreux propriétaires de chats ont recours au dégriffage pour éviter que leurs animaux de compagnie n’endommagent leurs meubles et ne blessent d’autres animaux ou des enfants.

«Les statistiques montrent que le nombre de chats abandonnés n’a pas augmenté dans les juridictions qui ont interdit le dégriffage», avance Dr George Whittle.

En effet, l’Association canadienne des médecins vétérinaires considère le dégriffage comme une chirurgie esthétique non urgente et non thérapeutique et estime qu’une telle pratique cause de la souffrance qui pourrait être évitée.

«Il est évident que les félidés souffrent inutilement lorsqu’ils subissent cette chirurgie non urgente», peut-on lire sur le site de l’association.

«Du point de vue de l’éthique, l’ACMV considère que cette chirurgie est inacceptable car elle n’offre aucun avantage aux félidés et l’absence de données scientifiques ne permet pas de prédire la probabilité d’effets secondaires négatifs à long terme sur le comportement et la physiologie.»

À noter que l’Association des médecins vétérinaires du Nouveau-Brunswick interdisait déjà depuis 2009 certaines chirurgies dites «esthétiques» pour les animaux. C’est le cas du taillage des oreilles chez les chiens (essorillement) ou du coupage de la queue chez les espèces canines, équines et bovines (caudectomie).