Des chercheurs s’intéressent aux tremblements de terre du passé

Il est 7h15, le 8 février 1855. La terre tremble à Moncton. Les vibrations sont assez fortes qu’elles sont ressenties jusqu’à Boston. Les données de ce séisme sont maintenant accessibles à la population grâce aux travaux des chercheurs Maurice Lamontagne et Kenneth Burke.

Le séisme de Moncton en 1855 a été d’une magnitude de 5,2 sur l’échelle Richter. Il s’agit du plus important tremblement de terre de l’histoire dans le sud-est du Nouveau-Brunswick.

Les outils servant à mesurer l’intensité d’un séisme n’existaient pas. Les deux sismologues ont recensé des articles de journaux de l’époque afin de déterminer l’ampleur de la secousse.

«Les gens pensaient que la fin du monde était arrivée. Le sol tremblait comme une feuille dans la brise, de grandes fissures ont été faites dans la chaussée et sur les rives de la rivière, la marée étant basse lors des chocs les plus importants», écrit le Moncton Daily Times dans une édition spéciale du quotidien en 1889 rappelant le séisme de 1855.

Huit jours après l’événement, un journaliste du New Brunswick Reporter fait l’état des dommages dans le comté d’Albert.

«Ç’a causé de légers dégâts à plusieurs endroits. De la vaisselle a été jetée à terre. Les briques des cheminées ont été endommagées, du sol jusqu’au toit de la maison. À une usine de l’endroit, le choc a provoqué des fissures dans le plâtrage des murs et des fissures de haut en bas», peut-on lire en anglais.

Le sismologue de l’Université du Nouveau-Brunswick, Kenneth Burke, a fait le travail de recherche afin de retracer tous ces articles de journaux. Des médias avaient rapporté la secousse jusqu’au Massachusetts.

Un travail d’analyse a ensuite était fait pour déterminer la magnitude du séisme. Cela été possible grâce aux nombreux reportages dans les journaux qui ont aidé à déterminer jusqu’où le tremblement a été ressenti.

«Lorsqu’on regarde au territoire où ç’a été ressenti, là on peut l’évaluer sur l’échelle de Richter», a expliqué le sismologue pour Ressources naturelles Canada, Maurice Lamontagne.

Les rapports ont été si nombreux que les chercheurs ont été en mesure de déterminer que l’épicentre était à Moncton en raison des dommages qui y étaient plus importants.

«Un séisme de magnitude 5, quand vous êtes proche de l’épicentre, les vibrations sont vraiment fortes, mais elles ne durent pas longtemps. Ce sont des éléments plus fragiles qui seront affectés comme les cheminées. Les petits objets peuvent tomber. Naturellement, les gens sont toujours surpris quand ça se produit parce qu’on ne peut pas prévoir les tremblements de terre», a confirmé M. Lamontagne.

La secousse de 1855 a été ajoutée à une liste de tremblements de terre d’importance dans une nouvelle base de données qui doit les répertorier. Afin d’être considéré significatif, un séisme doit être de magnitude 6 sur l’échelle de Richter ou avoir causé d’importants dommages, comme ç’a été le cas pour Moncton.

Un autre séisme du Nouveau-Brunswick sera ajouté à cette base de données en ligne. Une secousse d’une magnitude de 5,6 a été enregistrée près de Miramichi le 9 janvier 1982. Un contrecoup a aussi été ressenti deux jours plus tard.

Les données pour ce tremblement de terre seront beaucoup plus précises puisque la population avait été sondée immédiatement après l’événement.

Au Nouveau-Brunswick, les tremblements de terre ressentis sont plutôt rares. Il peut s’écouler des dizaines d’années entre ceux-ci. La province est plutôt bien positionnée pour éviter les secousses.

«Dans 97% des cas, un séisme est causé par des plaques tectoniques qui s’entrechoquent. Dans le cas du Nouveau-Brunswick, comme tout l’est du Canada, c’est une région à l’intérieur d’une plaque. C’est pour ça que les séismes sont plus petits comparativement à un endroit où deux plaques se frottent», a souligné le chercheur.

La puissance des séismes

La magnitude d’un séisme est mesurée sur l’échelle de Richter. Plus le chiffre est élevé, plus les conséquences sont importantes. Au Nouveau-Brunswick, un tremblement de terre dépasse rarement une magnitude de 5.

Une secousse de niveau 3 sera entendue, mais les vibrations plus ou moins ressenties.

«Autour de trois, ce sera plutôt sonore. C’est comme un grondement que les gens vont rapporter», explique le sismologue, Maurice Lamontagne.

«Autour de 4, quand vous êtes près de l’épicentre, ça va donner un gros bang suivi de vibrations légères. Souvent les gens disent que c’est comme si la fournaise avait sauté dans le sous-sol», ajoute-t-il.

Un séisme de magnitude 5 peut causer des dommages et sera ressenti à des centaines de kilomètres de son épicentre, comme ç’a été le cas à Moncton en 1855.

«À ce moment-là, il peut avoir des vibrations assez fortes pour causer la chute de petits objets dans la maison et peut-être aussi causer des dommages aux cheminées, comme celui de 1855.»

Le dernier séisme enregistré au Nouveau-Brunswick date du 25 mars. Son épicentre était à environ 60 km de Plaster Rock et sa magnitude était de 2,2 sur l’échelle de Richter.