Le mystère plane sur les raisons du désistement de René Ephestion

René Ephestion s’est-il retiré volontairement de la course à la direction du Parti libéral du Nouveau-Brunswick ou s’est-il désisté après avoir eu une réponse négative du «comité du feu vert»?

L’ancien directeur de la Maison Nazareth, à Moncton, a formellement annoncé son retrait de la course en début de semaine. Le politicien n’a pas précisé la raison pour laquelle il n’est plus candidat. Quelques mois auparavant, il s’est avéré que sa candidature pourrait être refusée étant donné qu’il n’est pas encore citoyen canadien. Cela le rendait inadmissible selon les règles du congrès.

Le Français d’origine doit obtenir sa citoyenneté canadienne la semaine prochaine lors d’une cérémonie à Dieppe.

«Ç’a été sa décision. Il a pris la décision après en avoir parlé beaucoup dimanche soir et lundi matin (avec son entourage). Peut-être qu’il y a eu des discussions avec quelqu’un d’autre qui lui a suggéré de quitter la course, mais je ne suis vraiment pas au courant», dit Nathan Davis, directeur de campagne.

Jean-Claude D’Amours, député d’Edmundston-Madawaska-Centre et membre du comité organisateur du congrès à la direction, offre peu de précisions.

«C’est quand même un processus confidentiel. Le comité de direction va se rencontrer au cours des prochains jours pour finaliser son travail. On va présenter nos recommandations au conseil de l’Association libérale du Nouveau-Brunswick. Après ça, ils passent aux étapes suivantes. Ils vont peut-être nous demander de prendre d’autres responsabilités.»

Avec le départ de M. Ephestion, tout semble indiquer que Kevin Vickers, ex-ambassadeur du Canada en Irlande, sera le prochain à diriger la formation politique. La tenue du congrès à la direction du Parti libéral du NB est prévue les 21 et 22 juin à Saint-Jean.

De leur côté, les responsables de la campagne de M. Vickers vont continuer d’établir des liens avec les militants libéraux de la province, explique Drew Cameron, un porte-parole.

«Kevin est au courant que René s’est désisté de la course et est reconnaissant des bons vœux qui lui ont été exprimés en ligne.»

Défis à venir

Selon Roger Ouellette, politologue à l’Université de Moncton, une véritable course à la direction aurait permis d’enrichir le débat pour les électeurs de la province.

«M. Vickers est du Nouveau-Brunswick, mais il n’a pas beaucoup séjourné ici au cours des 30 dernières années. Comment il va jouer cette carte? Je ne sais pas trop, mais il devra se présenter à l’électorat. Avec une course en bonne et due forme, ça lui aurait permis d’avoir de la visibilité et de présenter ses idées.»

Au fil des décennies, les différents chefs libéraux ont mené le parti dans différentes directions. Sous Louis J. Robichaud et Brian Gallant, le parti était plus à gauche. Sous Frank McKenna, il était plus à droite.

«Vickers, on ne le connaît pas vraiment sur le plan politique.»

Le politologue est d’ailleurs surpris que le poste de chef du Parti libéral ait suscité aussi peu d’intérêt de la part des députés actuels et anciens ministres.

«Pour moi, c’est étonnant. Surtout lorsqu’on fait la comparaison la course à la direction des progressistes-conservateurs en 2016 où il y avait plusieurs candidats. Il y avait de la compétition. M. Vickers est apparu dans le décor et hop, on s’est rallié à lui.»