Fin de la gratuité postsecondaire: le gouvernement Higgs dénoncé

Les étudiants des institutions postsecondaires publiques du Nouveau-Brunswick tirent à boulets rouges sur les changements du gouvernement de Blaine Higgs aux programmes d’aide financière aux études.

La décision des progressistes-conservateurs de modifier le programme de bourses pour l’étendre aux étudiants du privé tout en réduisant la taille des bourses pour l’ensemble des étudiants a été le principal sujet de discussion à l’Assemblée législative, mercredi.

Des représentants de la New Brunswick Students Alliance étaient dans la tribune alors que le ministre de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail, Trevor Holder, débattait de la question avec les députés de l’opposition.

«En dépit du message du gouvernement selon lequel ils font des changements au programme, la réalité c’est qu’on élimine la gratuité des droits de scolarité pour les étudiants à faible revenu», avance la présidente de l’Alliance, Brianna Workman.

Elle dénonce aussi la décision du gouvernement d’éliminer la Prestation pour l’achèvement des études dans le délai prévu qui permettait aux diplômés de recevoir un remboursement pour une partie de leur dette d’étude.

«On diminue l’aide financière aux étudiants durant leurs études et on élimine en même temps leur option pour réduire leur dette après coup. C’est dangereux et c’est irresponsable.»

Mme Workman conteste aussi l’argument du ministre Holder selon lequel le retour du crédit d’impôt pour les diplômés va permettre d’éponger les frais supplémentaires que devront payer les étudiants en raison de la fin de la scolarité gratuite.

«Il a été prouvé à de nombreuses reprises que les crédits d’impôt ne font absolument rien pour améliorer l’accès aux études postsecondaires. Les étudiants n’ont pas demandé pour ça», indique la présidence de l’Alliance des étudiants.

Durant la présentation de ses prévisions budgétaires, Trevor Holder a expliqué que son gouvernement avait décidé d’élargir le programme de bourses aux étudiants du privé sans augmenter le budget total du programme en raison de la situation financière précaire de la province.

«J’aimerais peindre un portrait tout rose au député d’en face, mais (les libéraux) ont utilisé toute la peinture lorsqu’ils étaient au gouvernement. Il n’y a pas d’argent. Ils n’en avaient pas l’an dernier et nous n’en avons pas maintenant. C’est aussi simple que ça.»

M. Holder a admis que le programme de bourses, qui incluait jusqu’ici la gratuité pour les étudiants au revenu familial brut de moins de 60 000 $, était populaire auprès des étudiants.

C’est la raison pour laquelle son gouvernement s’est contenté pour le moment de le modifier, a-t-il dit.

«Nous allons garder le programme et nous allons continuer à le surveiller de près. Ce n’est pas terminé. La révision se poursuit. Nous n’avons pas simplement pris une décision en pensant que tout est réglé pour toujours.»

Lors de son passage devant un comité avant le dépôt du budget, le sous-ministre de l’Éducation postsecondaire de l’époque, Jean-Marc Dupuis, qui a été promu récemment au poste de greffier du conseil exécutif, avait confié qu’il faudrait attendre au moins jusqu’en 2021 avant de pouvoir évaluer correctement les effets du programme de bourses et de la scolarité gratuite.

Cette initiative phare du précédent gouvernement libéral a été lancée en 2017.

Le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation postsecondaire, le libéral Guy Arseneault, a accusé le gouvernement de s’en prendre encore une fois aux plus démunis pour assainir les finances de la province.

«Nous avons entendu comment le gouvernement attaque les pauvres, les plus vulnérables, les aînés… Et maintenant ils attaquent les étudiants en leur enlevant du financement.»