Formation des infirmières: Fredericton coupe 6,3 millions $ en subventions aux universités

Le gouvernement provincial met fin à une subvention de 8,7 millions $ qui servait à financer des places supplémentaires en science infirmière à l’Université de Moncton et à l’Université du Nouveau-Brunswick.

Selon le ministre de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail, Trevor Holder, ces places supplémentaires demeuraient vides en raison du manque d’étudiants.

«Aucune de ces places n’est occupée en ce moment. Personne ne peut justifier une dépense de plusieurs millions de dollars en argent des contribuables pour quelque chose qui ne produit absolument aucun résultat», a-t-il déclaré lors de la présentation des prévisions budgétaires de son ministère, mercredi, à l’Assemblée législative.

Les progressistes-conservateurs entendent s’y prendre différemment pour s’attaquer à la pénurie de personnel infirmier, a précisé M. Holder.

«Le temps est venu de bâtir une nouvelle stratégie en soins infirmiers pour notre province. Nous sommes en pénurie et nous devons nous attaquer à cette pénurie.»

Lors du dépôt du budget, le ministre des Finances, Ernie Steeves, avait annoncé la mise en oeuvre d’une «stratégie axée sur les ressources humaines en soins infirmiers» au coût de 2,4 millions $.

M. Hodler n’a pas précisé où étaient passés les 6,3 millions $ de différence entre la subvention des places additionnelles qui a été éliminée et le financement de la nouvelle stratégie.

Il s’est toutefois engagé à travailler avec les universités, les syndicats et les associations professionnelles pour élaborer cette stratégie «le plus tôt possible».

La stratégie pourrait notamment s’attaquer au fameux examen d’accès à la profession d’infirmière qui donne du fil à retordre aux diplômés de l’Université de Moncton en raison de la traduction et du manque de ressources préparatoire en français.

Selon le ministère, Fredericton a conclu deux ententes en 2005-2006 pour créer 57 places en science infirmière à l’Université du Nouveau-Brunswick et 38 à l’Université de Moncton. Toutefois, au cours des quatre dernières années, «aucune place» n’a été ajoutée en vertu de ces ententes.

Les deux universités auraient plutôt utilisé cet argent pour financer les places qui existaient déjà au sein de leurs programmes.

L’Université de Moncton n’a pas répondu à nos demandes d’informations et de commentaires concernant la décision du gouvernement.

L’institution acadienne a récemment remis à plus tard l’adoption de son propre budget en attendant des précisions de la part du gouvernement concernant la réduction de son financement.

Le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation postsecondaire, Guy Arseneault, doute sérieusement de l’approche du gouvernement pour régler le manque de personnel infirmier.

«Nous avons une pénurie d’infirmières et voilà que le ministre accepte de couper 8,7 millions $ dans son budget», a souligné le député libéral.

«Ils travaillent sur une stratégie qui n’est pas encore terminée. Comment va-t-on mettre en oeuvre cette stratégie s’il n’y a pas de fonds?»