Le ministère de l’Éducation prend le mégadéficit du district scolaire Nord-Est très au sérieux

Le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance dit prendre «très au sérieux» le déficit anticipé de près de 900 000$ pour l’année financière 2018-2019 au District scolaire francophone Nord-Est.

Benoît Lévesque, agent des communications au ministère, a tenu à rappeler que ce ne sont encore que des estimations et que Fredericton n’exigera pour le moment aucun échéancier afin d’éponger ce manque à gagner.

«Le ministère accorde le plus grand sérieux à cette situation. Il est important de préciser que le déficit anticipé affiché demeure pour l’instant une estimation. L’exercice financier de 2018-2019 n’est pas encore terminé, car il reste encore à comptabiliser certains éléments financiers. Le ministère doit tout d’abord connaître le portrait exact relatif à ce déficit estimé pour bien déterminer l’ampleur de la situation. Aucun échéancier n’est exigé pour trouver des solutions afin d’éponger un déficit», a-t-il répondu à l’Acadie Nouvelle dans un échange de courriels, mercredi.

Le porte-parole ajoute que «nous travaillons en collaboration avec les responsables du district scolaire pour bien cerner les problèmes et déterminer les conséquences qui pourraient en découler».

Conformément à la politique 101 du ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance (responsabilité financière des districts scolaires), les districts scolaires ne peuvent accumuler aucun déficit budgétaire d’immobilisations ou de fonctionnement.

«Un déficit survient très rarement au sein d’un district scolaire et c’est pourquoi nous tenons à examiner de près cette situation», a continué M. Levesque.

Chaque année, le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance attribue à chacun des sept districts scolaires de la province un budget de fonctionnement réparti de manière équitable. Il revient au conseil d’éducation du district (CÉD) d’établir, de mettre en œuvre et de surveiller le plan de dépenses du district scolaire, qui a la responsabilité de gérer et d’équilibrer le budget qui lui est alloué.

Du jamais vu pour le DSF-NE

Éloi Doucet, directeur administratif et financier au DSF-NE, a admis que c’était la première fois qu’il voyait un déficit depuis qu’il travaille pour l’organisation, soit depuis 1989.

Le directeur général Pierre Lavoie, tout comme le vice-président du conseil d’éducation du DSF-NE, Richard Gallant, semblait aussi naviguer dans un brouillard, mardi soir, après la réunion publique présentée à Paquetville.

Ni un ni l’autre avaient de réponses à donner au représentant de l’Acadie Nouvelle qui cherchait à savoir quelle sera la suite des choses.

La direction est à la merci de ce que prévoit faire le ministère et Fredericton dans de pareils cas. Elle est donc en mode attente pour l’instant.

Seule certitude, l’organisation savait depuis octobre que l’année serait difficile, après un bilan 2017-2018 qui a montré un léger surplus de 10 000$. En février, M. Doucet a présenté au conseil des pertes estimées de 892 000$, chiffre qui n’a apparemment pas vraiment changé en deux mois.

La baisse constante des élèves a eu un effet direct sur le budget, maintenant de 114,6 millions $. D’un autre côté, des dépenses supérieures aux estimations au niveau de la suppléance et dans les opérations quotidiennes du district (chauffage des établissements, déneigement, entretien) expliquent en grande partie le manque à gagner.

Et ça pourrait ne pas s’améliorer, compte tenu du fait que le DSF-NE accueillera 165 élèves de moins en septembre à travers les 27 écoles primaires et les sept établissements secondaires des territoires du Restigouche, de Chaleur et de la Péninsule acadienne. Le District compte actuellement un peu plus de 9100 élèves et quelque 2000 employés.

Si M. Gallant s’est dit inquiet de la situation – personne n’aime gérer des déficits, a-t-il laissé savoir -, il a cependant affirmé que tout sera fait pour garder intacts les services en salle de classe. Ils sont sacrés à ses yeux, a-t-il indiqué.

Le DSF-NE demandera notamment au ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance de défrayer certaines sommes de ce déficit.

Déjà, le CÉD a laissé savoir qu’il allait revoir dans les prochaines semaines l’ensemble des services.

Par exemple, le programme d’amélioration continue écoperait, selon ce que nous avons pu apprendre. Cependant, le DSF-NE assure qu’il ne sera pas éliminé. Ce programme a été créé en 2016 et vise à améliorer l’environnement de la salle de classe.

Également, les sommes accordées à certaines activités parascolaires seraient revues à la baisse. Elles passeraient de 30 000$ à 12 000$ dès la prochaine année scolaire qui s’amorcera en septembre.