À quoi ressemblera le monde de demain?

Un vieux téléphone, probablement un des premiers modèles à exister, côtoie le plus moderne des cellulaires. Près de 100 ans séparent ces deux technologies. À côté, un cadre de la première cohorte diplômée à l’Université Sacré-Coeur de Bathurst, en 1927. À quelques pieds, deux hommes parlent de ce à quoi devrait ressembler le monde du travail en… 2040.

La machine à voyager dans le temps n’est pas encore inventée. Mais c’est ni plus ni moins qu’un saut dans l’inconnu de l’avenir que propose le Groupe de concertation sur l’éducation postsecondaire francophone du Nord-Est, du 24 au 26 avril, au 4e Salon émergence, au CCNB de Bathurst.

De quoi aura l’air le marché de l’emploi dans 20 ans? Sera-t-il aussi différent que ce vieux téléphone d’hier face au cellulaire? Comment ces jeunes qui commencent aujourd’hui la maternelle – et dont les préoccupations sont tout autre – répondront demain à la demande économique et sociale d’une communauté qui évolue à la vitesse grand V?

Pour l’instant, personne ne le sait. Mais les tendances lourdes semblent pointer vers un boom de l’entrepreneuriat individuel collaboratif, croient Sid Ahmed Selouani, vice-recteur de l’Université de Moncton, campus de Shippagan, et Paolo Fongemie, directeur du CCNB de Bathurst.

«Nous évoluons d’une économie de masse vers une économie de l’individu, soutient M. Selouani. Deux jeunes sur trois vont travailler dans 20 ans dans un métier encore inconnu. Il n’y a plus de frontière. Une entreprise peut, de Caraquet, faire affaire avec les États-Unis et la Chine. La concurrence globale fait en sorte que la localisation n’est plus un obstacle. Ça nous oblige à changer nos façons de faire et à miser sur nos forces.»

Durant ces trois jours, plusieurs conférenciers locaux et internationaux viendront discuter du futur. Ils n’utiliseront pas une boule de cristal ni une machine futuriste, mais mettront en relief leurs expériences afin d’établir une vision la plus précise possible du marché du travail en 2040.

Selon Paolo Fongemie, l’information diffusée dans ce 4e Salon émergence «va faire rêver, va bouleverser et peut-être même choquer selon nos paradigmes actuels».

«Nous avons actuellement des valeurs et des idées préconçues par rapport au marché du travail. Ce Salon offrira un voyage dans le temps et ça va nous ébranler, je crois. Nous observons les tendances. Dans les 15 dernières années, on aurait dit que des entreprises comme la Distillerie Fils du Roy (alcool), les Chocolats Andréanne (confiserie) ou encore Eel River Farms (agriculture) ne réussiraient pas à vivre. Pourtant, elles ont su se démarquer et créer leur propre niche. Dans 20 ans, les jeunes qui entreront sur le marché du travail auront l’aptitude de s’adapter rapidement aux changements. On voit une économie individuelle collaborative», évalue celui qui est également maire de Bathurst.

«Oui, ce sera un voyage dans le temps, poursuit M. Selouani. Nous verrons une perspective, mais ça ne sera pas nécessairement la vérité. C’est pourquoi nous voulons que les participants s’approprient ce colloque d’échanges et de réflexions.»

Une centaine de participants sont attendus pour ces trois jours de rencontres au CCNB de Bathurst.