Pêche dans le golfe du Saint-Laurent: des tonnes de questions

De nombreuses saisons de pêche s’apprêtent à commencer – ou ont déjà commencé – dans le golfe du Saint-Laurent. Voici un état des lieux.

Crabe des neiges

  • Valeur des débarquements: 177 millions $ (2018)
  • Nombre de pêcheurs: 100 (est.)
  • Début de la saison (prévision): 15 avril
  • Prix 2018: 5,46$ la livre
  • Quota 2019 (zone 12): 27 905 tonnes

Comme en 2018, la fonte des glaces et les baleines noires retiennent l’attention des crabiers du Nouveau-Brunswick.

À la suite d’une année où il n’y a eu aucun décès de l’espèce en voie de disparition dans le golfe du Saint-Laurent, Ottawa a annoncé en janvier que les mesures de protection seront moins sévères en 2019.

La superficie de la zone de fermeture statique – qui entrera en vigueur le 28 avril – a notamment été réduite.

Les crabiers implorent Dame Nature d’envoyer du vent et des températures chaudes afin qu’ils puissent prendre le large aussitôt que possible.

Ils attendent avec impatience l’arrivée de l’aéroglisseur de la Garde côtière du Canada afin qu’il libère les ports de pêche du Nord-Est.

«Le golfe du Saint-Laurent est presque libre, mais comme chaque année Lamèque, Shippagan et Caraquet sont congestionnés de glace. Le brise-glace est venu et il a fait un excellent travail. mais il ne peut pas trop s’approcher des ports», explique Martin Noël, président de l’Association des pêcheurs professionnels crabiers acadiens (APPCA).

En début de saison, chaque jour a une grande valeur. Si la pêche ouvre d’ici le 20 avril, les crabiers pourraient même déposer leurs casiers quelques jours dans la zone de fermeture statique avant son entrée en vigueur.

«Cinq jours au début, c’est deux voyages par pêcheur, minimum. Et deux voyages, en début de saison, ça en vaut quatre en fin de saison.»

Homard

  • Valeur des débarquements: 93 millions $ (2018)
  • Nombre de permis: 667
  • Début de la saison (prévision): 9 mai
  • Prix 2018: 5,33$ la livre (prix moyen)
  • Débarquements 2018: 17,5 millions livres

Les homardiers du Nord-Est n’auront vraisemblablement pas à craindre la présence de baleines noires à proximité de leurs aires de pêche en 2019.

L’an dernier, quand une baleine s’est aventurée près de Miscou, une soixantaine de pêcheurs ont été forcés de lever leurs casiers et de les déposer dans les eaux traditionnellement pêchées par leurs voisins. Un tel malaise devrait être évité cette année, étant donné que le ministère des Pêches et des Océans (MPO) a changé les règles entourant les fermetures dynamiques dans les eaux peu profondes. Afin qu’une telle fermeture ait lieu, une baleine devra être observée dans les eaux de moins de 20 brasses (120 pieds).

Les pêcheurs de homard pourront ainsi se concentrer sur les bonnes vieilles questions: les débarquements seront-ils bons et le prix sera-t-il élevé?

Martin Mallet, directeur général de l’Union de pêcheurs des Maritimes, est optimiste.

«On a beaucoup d’espoir que les prix vont être très raisonnables. Au niveau de la ressource, tous les signaux qu’on reçoit regardent très bien pour ce printemps et cet été. On n’a pas de souci à ce niveau», a-t-il mentionné récemment à l’Acadie Nouvelle, à l’occasion du congrès annuel de l’union.

Crevette

  • Valeur des débarquements: 10 millions $ (2017)
  • Nombre de détenteurs de permis: 22
  • Début de la saison: 1er avril
  • Prix 2017: 0,95$ la livre
  • Quota global: 17 337 tonnes

Les pêcheurs de crevette connaissent des années difficiles depuis l’essor du sébaste – aussi connu comme le poisson rouge – dans le golfe du Saint-Laurent. Depuis quatre ans, la vingtaine de détenteurs de permis de pêche de cette espèce ont vu une chute de leurs quotas.

Le MPO avait encore annoncé une baisse du total admissible des captures de près de 25%, à la fin mars. Il a cependant fait marche arrière, la semaine dernière. Ce printemps, les crevettiers auront le droit de capturer le même quota qu’en 2018.

«Une baisse aurait fait très mal. De l’approvisionnement de moins dans les usines, c’est moins d’heures pour les employés et moins pour les employés sur les bateaux», a affirmé Michel Légère, président de l’Association des crevettiers acadiens du Golfe (ACAG).

Le MPO a ouvert une pêche expérimentale au sébaste l’an dernier et a l’intention de lever le moratoire sur la pêche commerciale du poisson rouge au cours des prochaines années. On n’a cependant pas encore appris de quelle façon les quotas seront distribués.

Hareng du printemps

  • Valeur des débarquements: 225 000$ (est. 2017)
  • Nombre de pêcheurs: 30 (est.)
  • Début de la saison: 1er avril
  • Prix 2017: 0,22$ la livre
  • Quota: à déterminer

Comme les pêcheurs du Nord-Est, les harenguiers du printemps attendent la fonte des glaces afin de larguer les amarres aux quais de Cap Tourmentin, de Cap-des-Caissie, de Grande-Digue et de Cap-Pelé.

La pêche au hareng du printemps n’est pas aussi bonne qu’elle l’a déjà été. Après avoir dépassé la barre des 100 000 tonnes dans les années 1980 et 1990, la biomasse du petit poisson argenté est sous le seuil «critique» des 20 000 tonnes depuis le début des années 2000. La prédation par le phoque gris est souvent pointée du doigt. Le MPO élabore un plan de redressement.

En attendant que les stocks rebondissent, les harenguiers du printemps, dans l’ensemble du golfe du Saint-Laurent, pêchent environ 500 tonnes par an.

«Au niveau du quota, il n’y a rien de confirmé encore, mais on va le savoir dans les prochains jours. Ça va probablement ressembler beaucoup à l’année passée. Les dernières années, il y a peut-être eu une pêche d’à peu près deux semaines et c’est à peu près tout», mentionne Michel Richard, de l’Union des pêcheurs des Maritimes.

«On espère que les pêcheurs vont faire de bonnes captures.»

M. Richard prévoit que les harenguiers prendront le large un peu plus tôt que l’an dernier, quand les premiers voyages ont eu lieu le 24 avril.