Gilles Moreau admet avoir assassiné sa conjointe

Accusé du meurtre prémédité de sa conjointe, Gilles Moreau a finalement reconnu sa culpabilité à une accusation réduite de meurtre au second degré.

L’accusé a admis, lundi en Cour du Banc de la Reine de Campbellton, avoir poignardé à mort sa conjointe de l’époque, Brigitte Pelletier, puis d’avoir ensuite brûlé ses restes. Les faits reprochés se sont produits entre le 10 juin et le 28 juillet 2018 à la résidence du couple sur la rue Splude à Dundee.

La matinée a commencé avec le retrait du dossier du juge Larry Landry, celui-ci attestant être en conflit d’intérêts dans cette affaire. C’est son confrère de Miramichi, Frederick Ferguson, qui est venu le remplacer. Celui-ci a revu avec l’accusé une liste d’énoncés inclus dans le document d’admission des faits, document dans lequel il avouait avoir commis le crime.

Ainsi, M. Moreau a confirmé au juge – dans le calme le plus complet – avoir causé la mort (homicide) de Brigitte Pelletier. L’individu avait alors 55 ans, sa conjointe 54 ans. Le couple, qui demeurait à la même adresse, se fréquentait depuis huit ans.

L’accusé a déclaré avoir à l’époque sombré dans la dépression à la suite de la perte de son emploi. Il aurait notamment recommencé à boire, et ce, après une période de sobriété de 18 ans. Au moment de la tragédie, ce dernier serait entré dans la chambre de sa conjointe et l’aurait poignardé avec l’intention de mettre «fin à sa souffrance». Elle serait morte des suites de ces blessures.

Toujours dans le document, M. Moreau confirme avoir brûlé le corps de Mme Pelletier ainsi que certains effets qui se trouvait sur dans la chambre.

M. Moreau est demeuré à sa résidence jusqu’à son arrestation. La journée où les policiers sont venus l’interroger sur la disparition de Mme Pelletier, celui-ci était sous l’influence d’alcool et aurait tenté de s’enlever la vie.

Le document permet également d’apprendre que ce dernier a tenté de duper les enquêteurs en leur faisant croire que sa victime était en réalité en maison de repos dans la région de Québec. L’arme ayant servi à commettre le crime n’a par ailleurs jamais été retrouvée.

Les policiers avaient découvert des restes d’ossements humains sur le terrain de la résidence. Envoyés au laboratoire, ils avaient éventuellement été identifiés comme étant ceux de Mme Pelletier.

Ces aveux de M. Moreau ont convaincu le juge Ferguson qui a déclaré l’accusé coupable, excluant du coup la possibilité de la tenue d’un éventuel procès. L’imposition de la sentence de M. Moreau aura lieu le 3 juin. Ce délai permettra notamment aux membres des familles de remplir leur déclaration d’impact sur les victimes ainsi que la confection d’un rapport présentenciel.

Accusation réduite

Au départ, M. Moreau était formellement accusé de meurtre prémédité (1er degré). Lors de sa dernière comparution à la Cour provinciale, son avocat avait indiqué au tribunal avoir obtenu le consentement du procureur adjoint de la province pour que son client soit jugé devant juge seul à la Cour du Banc de la Reine et non devant un jury comme l’oblige cette accusation.

Lundi lors de sa comparution, M. Moreau a d’abord plaidé non coupable à cette accusation. Une fois cette formalité réglée, les deux parties ont annoncé au juge en être arrivé à une entente, soit un plaidoyer de culpabilité à une accusation réduire de meurtre au second degré, demande à laquelle le juge ne s’est pas opposé.

Les deux accusations encourent un terme d’emprisonnement similaire, soit la perpétuité. La différence réside dans la préméditation du geste ainsi que le temps minimal devant être purgé avant d’être admissible à une libération conditionnelle. On parle de 25 ans fermes dans le cas d’un meurtre au 1er degré, et de dix dans le cas d’un meurtre au second degré.

Dans le cas de M. Moreau, la Couronne et la défense se sont entendues pour suggérer une période d’incarcération ferme de 15 ans, donc une période supérieure au minimum prescrit par la loi. Il ne s’agit toutefois que d’une suggestion à ce stade-ci. Le juge pourrait décider de réviser cette période à la hausse comme à la baisse.

Dans la salle de cour, l’émotion était à fleur de peau, particulièrement auprès de la famille de la victime, certains membres de celle-ci étant visiblement en désaccord avec la réduction de peine. Ceux-ci n’ont toutefois pas voulu s’adresser aux médias à leur sortie, préférant prendre le temps de digérer les informations.