Le c.a. de Vitalité réitère sa confiance en le Centre Hospitalier Restigouche

Réunis au Centre Hospitalier Restigouche dans le cadre de leur rencontre publique mensuelle, les membres du conseil d’administration du Réseau de santé Vitalité ont effectué un véritable vote de confiance envers cet établissement de santé et son plan de restructuration.

La présence du conseil d’administration dans l’enceinte du Centre Hospitalier Restigouche survient au moment même où cette institution est en proie à une importante crise de confiance.

Celle-ci résulte de la publication du rapport de l’ombud, Charles Murray, un rapport accablant qui déplorait la présence persistante d’une culture asilaire entre les murs de l’établissement. On y dénonçait aussi des lacunes au niveau des soins, certains incidents inappropriés impliquant des patients et le manque de ressources humaines.

L’ombud s’était même permis de mettre en doute le projet de construction du nouveau Centre d’excellence provincial pour jeunes (CEPJ), centre en cours de construction à proximité du CHR.

Dans ce contexte difficile, la présidente du conseil d’administration de Vitalité, Michelyne Paulin, a tenu à adresser ses premiers mots de la rencontre aux patients et membres des familles, précisant que les gestes reprochés ne reflètent en rien les valeurs du réseau.

«Sachez que la qualité et la sécurité des soins sont au cœur des préoccupations du conseil. Je sais que votre confiance a été ébranlée, et je tiens à vous assurer que nous sommes conscients des défis et résolument engagés à appuyer la transformation nécessaire au CHR. Cette transformation est d’ailleurs déjà en branle depuis quelques années», a souligné Mme Paulin, réitérant l’appui indéfectible du conseil envers l’équipe de gestion du CHR ainsi de ses employés.

L’administration du réseau a voulu se faire rassurante quant aux efforts entrepris pour transformer la culture du CHR, une tâche ambitieuse que s’est imposée le réseau sur une période de cinq ans. Selon Mme Paulin, les lacunes qui prévalaient dans la qualité des services ont été identifiées par des experts externes mandatés par le réseau en 2017. Depuis, des actions ont été entreprises pour rectifier le tir.

Parmi les améliorations apportées jusqu’à présent, la direction souligne avoir fait des progrès significatifs au chapitre de la livraison de ses services. 80 heures de services psychiatriques auraient ainsi été ajoutées à l’horaire par semaine. Des efforts de recrutements de spécialistes semblent également sur le point de porter leurs fruits.

«Nous avons confiance d’être sur la bonne voie», a déclaré la présidente du conseil d’administration.

Centre pour jeunes

Le CHR n’est pas la seule préoccupation au Restigouche et au sein du réseau. L’avenir du centre pour jeunes est également sur toutes les lèvres.

Ce centre vise à aider les jeunes entre 12 à 18 ans aux prises avec des difficultés complexes de santé mentale, émotionnelle ou comportementale. Le nouveau centre – s’il va toujours de l’avant à Campbellton – aura 15 lits. Son ouverture est prévue pour le début de 2020.

À la rencontre publique de mardi, la directrice des services pour la jeunesse, Carole Gallant, est venue brosser le portrait de cet établissement au public ainsi que de tout le travail abattu depuis 2015, soit depuis l’annonce initiale.

Carole Gallant – Campbellton, 16 avril 2019 – Vignette: Carole Gallant, directrice des services pour la jeunesse. – Crédit Acadie Nouvelle Jean-François Boisvert

C’est que le centre est déjà fonctionnel à l’intérieur d’une aile du CHR en attendant la fin des travaux dans son édifice d’accueil. On note ainsi que les services spécialisés pour les jeunes ayant des besoins complexes sont déjà bien implantés dans la région et livrés par une équipe d’une vingtaine de professionnels totalement indépendante du CHR. Celle-ci a donc dilué l’argument voulant que la dotation de personnel soit un problème pour ce centre.

«On parle souvent de craintes au niveau de recrutement parce que le centre se trouve dans le nord, mais on a nos employés, des collaborateurs qui se greffent à l’équipe, et d’autres vont commencer sous peu. Depuis la création du CEPJ, son équipe n’a pas cessé de grandir. On a en place une équipe dynamique et engagée à aider les jeunes», exprime-t-elle.

Dans les faits, huit lits sont consacrés au CEPJ depuis août 2015. Son mandat s’est élargi en 2018 avec l’ajout de quatre nouveaux lits (évaluations psycholégales) pour répondre au besoin de la Commission d’examen du NB, portant le total de lits à 12. Depuis son ouverture «officieuse», 28 jeunes ont eu recours au centre avec une durée moyenne de six mois, et 91 évaluations psycholégales ont été effectuées.

Selon Mme Gallant, bien qu’il soit prévu pour Campbellton, ce centre joue bel et bien un rôle provincial.

«Le CEPJ n’opère pas en vase clos, mais plutôt en réseau. On travaille de concert avec de nombreuses organisations, dont quatre différents ministères, le réseau anglophone (Horizon), les premières nations autochtones ainsi que les familles des jeunes patients», a-t-elle indiqué.

En bref

Le Réseau de santé Vitalité a présenté les résultats financiers pour son exercice 2018-2019. Celui-ci se termine avec un excédent d’exploitation de 3,5 millions $. La raison de cette performance est toutefois une mauvaise nouvelle en soi puisqu’elle est attribuable aux manques en matière de ressources humaines, donc aux postes vacants et aux différents problèmes de recrutement.

«Aujourd’hui, ça sonne positif, c’est une bonne nouvelle, car on a un surplus et non un déficit. Mais dans les faits, c’est très pervers, car on manque de personnel, et la conséquence c’est que nous devons utiliser davantage ceux qui sont en poste pour de remplacements, des heures supplémentaires, etc. À la longue, on est perdant», affirme le PDG de Vitalité, Gilles Lanteigne.