Les compressions en science infirmière: un «pas en arrière» pour le syndicat

Les coupures de 8,7 millions $ dans les programmes de sciences infirmières sont mal accueillies par le Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick.

Depuis 2005-2006, le gouvernement du Nouveau-Brunswick versait des fonds à l’Université de Moncton et à l’Université du Nouveau-Brunswick pour offrir des places supplémentaires aux étudiants en sciences infirmières. La semaine dernière, le gouvernement Higgs a décidé de se désengager à hauteur de 8,7 millions $.

La présidente Paula Doucet déplore le fait que son organisation n’ait pas été consultée par la province.

«Nous avons été très surprises de le lire dans les nouvelles, car nous faisons partie des intervenants impliqués dans la stratégie de recrutement à venir. Il faut que nous fassions partie de la solution», dit-elle, en entrevue avec l’Acadie Nouvelle.

Le ministre de l’Éducation postsecondaire, Trevor Holder, estime que cette compression budgétaire est justifiée par le faible nombre d’inscriptions. L’accord de financement stipule qu’une partie de l’argent devra être restituée au gouvernement si les toutes les places ne sont pas attribuées. Les recteurs des deux universités ont répliqué que ces fonds servaient aussi à soutenir la formation clinique des étudiants en science infirmière.

Paula Doucet doute fortement que cette annonce aide à répondre au défi du manque de main-d’oeuvre qui touche la profession.

«Avec le contexte de pénurie dans lequel nous sommes, retirer ces sommes des programmes sera très préjudiciable, plaide l’infirmière. C’est un pas en arrière, ça ne va pas nous aider à répondre aux défis auxquels nous faisons face. Il aurait fallu réinvestir cet argent pour s’assurer que les places soient remplies.»

Le manque d’effectif se fait déjà ressentir dans le système de santé, affectant aussi bien les patients que le personnel, ajoute-t-elle.

«Les conditions de travail sont déplorables actuellement, les infirmières sont constamment en sous-effectif et doivent réaliser des heures supplémentaires. Les infirmières sont fatiguées, ce sont des personnes attentionnées et résilientes, mais elles en sont à un point de rupture. Le système va s’effondrer si on ne fait rien!»

L’an dernier, les infirmières néo-brunswickoises avaient fait 22 % d’heures supplémentaires de plus que l’année précédente. Et pour cause, près de 200 postes sont actuellement vacants au sein du Réseau de santé Vitalité, contre 175 au sein du réseau Horizon.

Et le problème est loin de se résorber. Le syndicat estime que 41% de ses membres actuels seront admissibles à la retraite dans les cinq prochaines années.

«Le temps des discussions est terminé, il nous faut des actes maintenant, et des engagements financiers», alerte Paula Doucet.

Le gouvernement progressiste-conservateur planche actuellement sur une stratégie une stratégie de recrutement d’infirmières.

Le Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick, l’Association des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick, les deux régies de santé et les institutions postsecondaires doivent se réunir autour de cet enjeu le mois prochain. Le dernier budget prévoit 2,4 millions $ pour mener à bien cet exercice.

La présidente du syndicat reste septique quant aux moyens financiers mis sur la table jusqu’à présent.

«Je pense que ça va prendre beaucoup plus que ça pour soutenir le recrutement et la rétention d’infirmières dans notre province», lance-t-elle.