Phil Comeau a assisté à la destruction de Notre-Dame de Paris

Avec des milliers d’autres Parisiens, le cinéaste Phil Comeau a pleuré. Installé sur le pont de l’Archevêché derrière la cathédrale Notre-Dame de Paris, il a passé toute la soirée de lundi à regarder l’immense brasier.

Le cinéaste acadien qui a vécu dans la Ville Lumière pendant un an est triste de voir un tel chef-d’oeuvre d’architecture et d’histoire détruit par les flammes.

Phil Comeau était sous le choc. C’est comme un deuil, confie-t-il.

«Il y avait des milliers de personnes partout. La circulation était complètement arrêtée. Je me promenais sur les ponts et sur les quais. Quand la flèche de 90 pieds est tombée, ç’a élargi encore plus le feu à travers le toit. Il y avait du monde qui pleurait, d’autres qui priaient et qui chantaient. Ce n’est pas juste parce que c’est religieux, c’est vraiment parce que ça fait partie de notre culture française. C’est une belle architecture, c’est de l’art et c’est l’histoire aussi», a déclaré Phil Comeau, rappelant que la construction de la cathédrale a pris 60 années.

L’Acadie Nouvelle a rejoint le cinéaste à Paris mardi matin au lendemain de l’incendie. Il arrivait du Festival 48 images seconde à Florac près de Montpellier.

En débarquant à Paris lundi vers 19h, lorsqu’il a vu qu’un feu venait tout juste de se déclencher à la cathédrale, il a immédiatement sauté dans le métro pour se rendre sur les lieux. Il a annulé tous ses autres engagements de la soirée parce qu’il estimait que c’était important d’être là.

Durant l’année qu’il a habité à Paris, il passait devant la cathédrale au moins une fois par semaine.

«C’est tellement une belle architecture et une belle œuvre d’art. Pour moi, c’était super important d’être là et de voir. C’était très touchant. On se dit aussi que si jamais il y a quelque chose que je peux faire, mais évidemment on ne peut rien faire parce que je ne suis pas pompier. Au contraire, les autorités nous repoussaient. À minuit, quand je suis parti, ça brûlait toujours.»

Cet incendie l’a secoué puisqu’il a aussi ravivé des souvenirs de jeunesse lorsque l’église de son village natal de Meteghan a brûlé. Il avait alors 13 ans et il se souvient bien des tisons de l’église qui tombaient sur sa maison. Avec son père, il jetait des chaudières d’eau sur le toit.

Au moment de l’entrevue mardi matin, Phil Comeau avait l’intention de retourner sur les lieux de l’incendie de la cathédrale mardi pour voir ce qu’il en reste.