Une agence de notation donne un cadeau de Pâques à Blaine Higgs

L’agence Dominion Bond Rating Service relève la tendance de la cote de crédit du Nouveau-Brunswick. Il s’agit d’une victoire pour le gouvernement Higgs, qui avait fait de ce dossier l’une de ses priorités.

C’est par voie de communiqué que l’agence de notation torontoise DBRS a annoncé le changement, jeudi.

La cote comme telle ne change pas et est maintenue à «A élevée», soit la cinquième meilleure de l’échelle de DBRS. Sa perspective passe cependant de «négative» à «stable», soit celle qui avait été en vigueur de 2004 à février 2018.

Concrètement, cela veut dire que l’agence n’estime plus qu’il est probable que la cote du Nouveau-Brunswick soit abaissée dans un avenir rapproché, à moins bien sûr que des changements surviennent.

Dans son communiqué, DBRS note que le gouvernement Higgs a déposé et fait adopter un budget équilibré récemment et qu’il «semble avoir l’intention de changer la culture gouvernementale, il cherche le moyen d’être plus efficace pour améliorer la livraison des services et améliorer la croissance des salaires».

Elle donne aussi une tape dans le dos des progressistes-conservateurs, mais remarque à quel point la mise en oeuvre de son programme risque d’être jalonnée d’embûches.

«Si la direction générale des politiques fiscales semble positive, ces objectifs sont ambitieux et vont nécessiter des décisions difficiles qui pourraient être difficiles à mettre en oeuvre», met en garde l’agence.

L’agence fait d’ailleurs remarquer qu’une amélioration de la cote est «hautement improbable», mais qu’un abaissement pourrait survenir si l’économie prend une débarque, si les prévisions budgétaires du gouvernement ne s’avèrent pas ou si Énergie NB – une société de la Couronne – ne continue pas à réduire sa dette.

Le ministre des Finances, Ernie Steeves, ne s’est pas fait prier pour se réjouir de cette mise à jour de la perspective de la cote de crédit du Nouveau-Brunswick.

Dans un communiqué, il a rappelé qu’un abaissement aurait entraîné la hausse du coût du service de la dette. On parle de millions de dollars, puisque la dette de la province se chiffre à 14 milliards $.

«Nous devions agir avec empressement afin de s’assurer qu’une réduction n’allait pas survenir à nouveau. Nous avons pris des mesures, tant dans notre budget d’immobilisations que dans notre budget ordinaire, en vue de commencer à remettre de l’ordre dans les finances de la province. Nous sommes ravis que l’agence Dominion Bond Rating Service ait reconnu les efforts que nous déployons en vue d’améliorer notre situation financière.»

Le ministre Steeves a aussi indiqué qu’il ne veut pas se reposer sur ses lauriers.

«En dépit des très bonnes nouvelles d’aujourd’hui, il nous reste encore beaucoup à faire, et nous devons agir avec empressement. Comme l’agence l’a mentionné, nous devons continuer à maintenir une grande discipline financière en continuant de gérer les dépenses et en continuant à réduire notre dette.»

Comme des mises à jour des cotes des deux autres agences qui évaluent le Nouveau-Brunswick – soit Moody’s et Standard & Poor’s – sont attendues bientôt, il veut garder le cap.

«Nous devons continuer à envoyer un message clair aux agences de notation mondiales ainsi qu’au milieu des finances et des affaires, soit que le Nouveau-Brunswick veut réellement mettre de l’ordre dans ses finances.»